Evitement…

L’évitement est un comportement de défense mis en place pour ne pas se trouver confronté avec une situation redoutée.

Wikipédia

Ce soir, je réalise que je suis dans ce schéma… Presque contre mon gré d’ailleurs. Peut-être que je m’en rends comme d’une évidence à mesure que je me sens « mieux » et + en phase avec moi-même.

Anecdote : Je suis sorti avec des amies à moi et j’ai éprouvé cette peur ou/et cette angoisse diffuse mais présente de me confronter à la possibilité de ce que je redoute tant..Et pourtant, j’ai été très content de cette petite soirée sympa comme je les aime.

Ce n’est pas de la lâcheté que d’éviter une souffrance non productive..

Et d’ailleurs je crois que j’ai rien à prouver dans ce sens. Néanmoins, si on passe son temps à tout éviter, on fini par s’enfermer soi-même dans une espèce de no man’s land qui ne peut faire que souffrir à la longue. Or je me remémore maintenant que quand j’étais très pris par ma maladie psy, j’évitais aussi de me confronter à ce monde qui m’oppressait. Mais j’avais pourtant fait le choix dès l’origine de mes problèmes de santé, d’aller à la rencontre de ce qui me faisait le + peur..

Bien que sur le moment, j’en menais pas large (tremblements,…), je constate que cette démarche m’a été sur le long terme bénéfique car mon niveau de stress global lié à ma maladie a énormément baissé.

Je crois simplement que je dois poursuivre et amplifier ce qui, autrefois m’a tellement apporté en sérénité et re-tenter d’aller à la rencontre de ce que je redoute tant au moins en tant que possibilité.

Un ami à moi me disait, il y a bien longtemps, que dans la vie, il y a une part de risque inévitable par nature. C’est vrai, mais c’est en regardant cette angoisse pour ce qu’elle est que je la ferai reculer justement et que je serai + apaisé encore. Du moins, c’est le souhait que je formule pour moi et la pratique à laquelle je vais m’employer désormais.

Pour le commun des mortels, ça va de soi de faire certaines choses, mais vu mes problèmes de santé, c’est presque méritoire pour moi. Faire ces petits riens du quotidien me demandent beaucoup et le fait de faire cette rencontre avec la part de moi-même qui a peur peut au final être une bonne chose.

 

 

Souplesse d’esprit

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Le plus souple en ce monde

Prime le plus rigide

Seul le rien s’insère dans le sans-faille

A quoi je reconnais l’efficace du non-faire.

La leçon du non-dire

L’efficace du non-faire

Rien ne saurait les égaler.

Lao-Tseu

Quand j’étais adolescent, j’aimais beaucoup ce sage d’orient et je crois à raison. Derrière le langage poétique du texte et d’ailleurs de l’ensemble du Tao-Tê-King, se cache une redoutable leçon de vie et de sagesse… Ce sont les années parcourues qui m’ont permis de le mesurer. Les bons recueils de sagesse sont rares et cette dernière est encore + difficile à cultiver et à discerner surtout dans nos sociétés en perte de repères moraux et spirituels.

Depuis peu, je me rend compte de cette simple vérité que la « souplesse d’esprit » et la simplicité du cœur prime sur tout. Tout dans ce livre de sagesse est un hymne à la foi en la vie mais pas comme parfois je l’entend encore. C’est dans une sorte d’assentiment aux choses, de lâcher-prise, de laisser-faire (le mouvement naturel de la vie) qui fait le + de bien. On peut le voir à chaque instant, + on cherche à contrôler, presque à posséder les choses, les gens, soi-même, + la vie nous lâche.

Au contraire, si on lâche du lest sur nos propres petites certitudes, fruits bien souvent d’un point de vue trop rétréci puisque ignorant le dessein d’autrui et de la vie elle-même, nos actes peuvent produire d’autres effets par nature. Si on a le courage ou plutôt foi en la vie, en ce qu’on y met, celle-ci finit par « trouver son chemin » d’elle-même. C’est dans une sorte de passivité vis à vis de soi-même que l’on comprend Cela. Passivité certes mais pas inactivité..

La vérité -au fond- a soin d’elle-même presque dans le sens d’un témoignage. Les vérités de la spiritualité ne peuvent en aucun cas être assimilées avec un esprit trop sûr de lui, trop rationnel, sans-faille comme dit justement Lao-Tseu. Je le mesure au moment où j’écris ces lignes. Il n’y a que dans le vécu émotionnel que ce genre de choses se perçoit et se comprend.

Qui a dit que la Vérité était simplement intellectuelle ?

Culturellement en occident, on répond non à ce que je dis là et quand j’étais + jeune je ne l’aurais pas cru moi non plus mais avec davantage de recul, je comprend maintenant que la vérité au sens d’une connaissance globale des choses passe nécessairement par l’affectivité aussi. Ce fut pour moi tout un cheminement pour moi d’intégrer cette réalité et ce que dit Lao-Tseu est juste mais très difficile à comprendre pour tout un chacun, qu’il faut savoir se déposséder de soi pour avancer.

 

 

Les gens ordinaires…

Une image vaut mieux que 1000 mots privés de sens disait Lao-Tzeu…

 

Ce que je veux dire à travers cette vidéo, c’est que les apparences sont souvent trompeuses. Les personnes qui ont le + comptées pour moi, qui m’ont le + apportées ont été celles qui – justement – paraissaient comme cet homme que l’on voit dans ce clip d’Emmaüs. Je pense + particulièrement à ma grand-mère qui aux yeux du monde comme j’aime à dire était simplement femme au foyer. Mais, dans les yeux du cœur, ce fut la personne qui irradiait le + d’amour. Il y a peu de temps, j’ai ici dit sur ce blog que la simplicité était la sophistication ultime reprenant ainsi la citation de De Vinci. C’était justement dans ce regard précis que je l’affirmais.

Oui, il y a parfois de l’extra-ordinaire dans l’ordinaire et je crois beaucoup pour ma part à cette forme de sagesse ou de sainteté qui réside précisément dans la concrétisation des idéaux les + élevés dans la pratique quotidienne. Je veux dire par là : cet homme dans la vidéo, quand on découvre ce qu’il fait pour son prochain, le regard sur lui qui change immédiatement en même temps que la perspective.

Mère Térésa disait ainsi : On ne peut pas faire de grandes choses, mais seulement des petites avec un immense amour.

On se trompe beaucoup sur la sagesse et sur la sainteté; on imagine qu’il faut être presque sur-humain pour la réaliser. On voit bien que non. Thérèse de Lisieux, la grande mystique disait une chose que je trouve pour ma part très juste : Au ciel, nous aurons des surprises… Sous-entendu : ceux qu’on croirait y être n’y sont pas et ceux dont on penserait qu’il n’y sont pas, y demeurent. je ne crois pas trop m’avancer sur ces questions en disant simplement ceci : Dieu ne raisonne, ni ne juge comme les hommes le font… Quelqu’un ici bas très estimé pourrait ainsi aux yeux de Dieu n’être pas grand chose alors qu’à l’inverse, quelqu’un étant réprouvés aux yeux du monde pourrait de la même façon être très estimé dans le cœur de Dieu.

L’œil ne voit que la surface des choses, l’essentiel est ailleurs quand on y songe attentivement. C’est le sens de mon propos. On dit que Dieu est invisible, je crois que c’est effectivement dans ce sens précis qu’il faut l’entendre.

 

Handicap psychique et travail…

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Photo illustration by Mindy RickettsCela fait + d’un mois maintenant que je n’ai pas publié sur ce blog et plus longtemps encore que je n’ai pas clairement parlé de mes problèmes de santé. Il y a pourtant des choses à dire… en forme de mise au point en réalité.

Je suis très attaché à la notion et à la valeur du travail. Néanmoins, je crois que notre civilisation occidentale et encore davantage HELAS de nos jours, on n’est plus reconnu dans notre société QUE par la fonction qu’on exerce (c’est débile mais c’est un réalité). Que dire alors quand on ne travaille pas du fait d’une incapacité liée à une maladie qui ne se voit pas d’emblée ? Quand je vais au coiffeur ou quand j’aborde quelqu’un, se pose presque immédiatement la question : Que fais-tu ? Sous-entendu : Quel travail as-tu ?

Et là de répondre : je ne travaille pas, j’ai des problèmes de dépression. Je ne dis pas que j’ai un diagnostic comme celui d’un trouble psychotique, l’esprit des gens lambda est déjà suffisamment étroit sur ces questions sans pour autant que j’en rajoute moi-même… Et de là nait une incompréhension immédiate avec mon interlocuteur éventuel qui est –en absolu- égal à moi (simple être humain), ainsi qu’un malaise chez moi et chez l’autre car mes problèmes psy ne sautent pas aux yeux.

La plupart des gens ne me connaissant PAS ne savent pas, ne connaissent PAS mon parcours personnel et donc ne peuvent réellement être juge honnête de Qui je suis. Notre société exclue de + en + de nos jours, c’est un fait et pas un vague ressenti de ma part, et surtout dès que l’on présente une singularité personnelle à + forte raison quand on a un handicap psychique. Dès lors qu’on ne correspond pas à l’archétype du français moyen, on n’existe pas en tant que personne.

Il y a quelques décennies, les différences étaient, je vous le dis, bien mieux tolérées qu’actuellement. On s’occupait du pauvre, du malade, du chômeur, on leur montrait un minimum de considération, ce qui allait jusqu’au devoir religieux, c’est vous dire… De nos jours, c’est devenu comme aux USA : marche ou crève… Et la culture de l’argent roi déshumanise la société.  Et c’est de pire en pire… Et, on n’existe encore moins dans le regard d’autrui quand a une problématique de santé psychique pourtant prégnante.

Non j’oubliais : il faut travailler pour exister.

Pas de place pour les maladies invisibles et leurs porteurs. D’où la situation d’exclusion de fait des malades psys au sein de nos sociétés, de là vient leur isolement qui aggrave encore davantage leur mal-être allant jusqu’à l’extrémité absurde qui veut que la personne qui souffre de ce type d’affection psychique s’estime elle-même presque en devoir de travailler pour être simplement reconnue dans sa valeur au mépris de sa propre santé qui est pourtant le bien précieux dont dépend tout le reste. Et, perversité absolue du système : on vous donne des médicaments et on vous soigne comme si le problème venait de vous et pas de la situation dans laquelle vous met la société.

Or, celle-ci, à travers les différents types d’aides sociales existantes se révèle être une solidarité de droit mais JAMAIS une solidarité de fait.

Je m’explique :

L’AAH ne permet pas de vivre en couple, ne permet pas dans les FAITS de pouvoir réellement exercer une activité professionnelle même à temps partiel sur la durée quoiqu’on en dise :

C’est à dire sans induire une insécurité juridique réelle de perte de ces aides sociales ou à une menace de non–renouvellement de Droits à échéance, ce qui revient au même. Ce dispositif social ne relève PAS d’une politique de COMPENSATION du handicap mais, simplement si j’ose dire d’un reste à vivre pour personne en incapacité relevant de la solidarité nationale au même type que le RSA.

Or, les allocataires du RSA ont une employabilité (capacité à s’insérer dans un travail), bien supérieure aux allocataires de l’AAH ou d’une pension d’invalidité, et ce quel que soit le niveau d’études et en + peuvent, comme on dit en Droit espérer un retour à meilleure fortune ce qui n’est pas le cas dans la situation d’une maladie chronique comme le sont les affections psychiques.

Ce que je dis là est certes schématique tant la diversité des problématiques sociales et sanitaires des allocataires du RSA rend la réalité encore + complexe.

NEANMOINS ce que je dis reste valable en règle générale car dans les faits : l’AAH est supprimée si on vit en couple car est dépendante du niveau de ressources du conjoint avec un plafond de revenus ridiculement bas qui poussent soit à vivre en couple avec presque rien pour 2 et surtout à dépendre du bon vouloir du conjoint pour tout (logement,…). C’est bien une impossibilité administrative à la vie à 2 avec une personne présentant un handicap qu’il s’agit.

Après, à chaque fois qu’un politicard parle de fainéants concernant les personnes qui ne travaillent pas, ça m’attriste et ça m’énerve car s’ils étaient amenés eux-mêmes à ne pas pouvoir vivre en couple ou alors avec une autre personne présentant un handicap reconnu, à ne pas pouvoir effectivement s’insérer professionnellement du fait du risque de ne perdre le bénéfice d’une aide sociale pourtant vitale que reste malgré tout l’AAH, et en + être stigmatisé par le français moyen, je vous jure, il faut vraiment être de bonne composition pour accepter tout ce rejet et cette bêtise…

Pour une société qui intègre la différence au lieu de cultiver l’indifférence…

Eloge de la simplicité

leonard-de-vinci« La simplicité est la sophistication ultime. » — Leonardo da Vinci (1452–1519)

J’avais intitulé une de mes dernières notes sur ce blog : “ne plus avoir peur de soi”. C’est un fait qu’il nous faut faire dans une certaine mesure l’expérience de notre propre intériorité afin d’être + en paix avec ce que nous sommes fondamentalement en tant qu’être humain. Néanmoins, et ce sans renier cette approche, j’affirme qu’il vaut mieux prendre le parti d’en rire et cela sur beaucoup de choses. De nos jours, les gens sont bien trop sérieux et –à tort- se compliquent ainsi l’existence : la complexité de la vie (son aspect incertain) n’est en rien la complication, ce n’est pour ainsi dire PAS du même ordre, et souvent il vaut mieux SAVOIR, oui je dis bien savoir, rire de conneries, s’amuser de pas grand chose, garder ce que j’appelle “l’esprit d’enfance”…

Jésus lui-même disait : “Laissez venir à moi les petits enfants, CAR, le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemble”. La véritable sagesse est donc de retrouver cet enfant intérieur, qui pleure, rit,… VIT.

Au passage : Il vaut mieux –à tout prendre- passer pour un con (ce qui démontre de l’humilité) que l’être réellement (ce qui demande beaucoup d’orgueil).

Il y a le tragique de l’existence, c’est une évidence, néanmoins, il ne faut pas ajouter à cette difficulté inhérente à la condition humaine trop de sérieux. On passe notre temps à débattre ce qui est pour beaucoup des certitudes faussées alors qu’apprendre à en rire les désamorce, en montre le caractère futile : “la vérité n’existe pas, c’est pourquoi je la nomme vérité” pour reprendre une allusion du Bouddha sur la nature du Réel. (Sutra du Diamant, la sagesse du tranchant, LOL).

J’ai par exemple été frappé d’apprendre qu’un ancien général français chargé du renseignement recrutait ses hackers pour le compte de l’Etat non pas tant sur leurs compétences de programmeurs, de bidouilleurs mais sur le fait essentiellement de savoir s’ils avaient le sens de l’humour. Il disait ainsi que les gens les + sérieux sont paradoxalement ceux qui ont justement cette auto-dérision, c’est à dire- in fine- cette capacité à douter de tout.

  • « La simplicité de caractère est le résultat naturel d’une profonde réflexion.»— William Hazlitt (Pris sur Wikipédia)

Note perso : J’ai souvent été frappé pendant mes études mais aussi après, y compris même au cœur de ma tragédie personnelle que sont mes problèmes de santé, que les gens s’agrippent souvent presque compulsivement à des totems, néanmoins, certains c’est avec la dernière énergie et la dernière extrémité que ça se fait, y compris au détriment d’autrui.

Ce n’est pas parce qu’on se prend la tête pour telle ou telle chose qu’on est sérieux et qu’on a raison dans les faits sur tout. J’ai envie de dire, au contraire… C’est peut-être parce que la vie est -en fait- trop simple pour l’esprit humain que celui-ci se cramponne farouchement à ce qui est du vent en réalité. Après la seconde guerre mondiale, il y avait des allemands qui prenaient conscience de ce que le nazisme est : une illusion barbare. C’est la même chose pour le communisme, la même (à un degré Autre) pour le libéralisme actuel, des illusions collectives tenaces et au final tragiques, révélatrice de cette tendance d’esprit qui veut figer les choses, les idées. La vérité n’est pourtant pas si complexe à comprendre par contre, c’est ardu en pratique de faire dans le simple,… De ne pas accorder de sens fondamental a ce qui n’en a donc pas par nature. Même un bouddhiste pourrait dire que : “le vide est forme, et que la forme est vide” (Sutra du cœur, ça compte pas pour du beurre, LOL). La forme étant une sorte de corpus intellectuel, affectif, sensible qui en regardant attentivement n’existe pas en tant que tel (en nature propre, pour parler riche et me donner la contenance que je dénonce ici, une trop grande pseudo-crédibilité comme nous en abreuve les médias actuellement).

RIRE PERMET DE PRENDRE DU RECUL SUR LES CHOSES, c’est le sens de mon propos. D’ailleurs, pour info, la sagesse a une racine latine qui signifie : SAVOURER (le gout des choses simples, pour moi).

Conscience de la mortalité

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Rembrandt, philosophe en méditation.

 

 

 

 

Philosopher, c’est apprendre à mourir », dit Platon, dans le Phédon.

Cette assertion a été reprise par Montaigne plusieurs siècles + tard dans les “Essais”. Je crois qu’il faut d’emblée écarter l’aspect macabre de cette citation pour juste en reprendre son Sens réel c’est à dire ici sa portée : nous apprendre à vivre en paix avec cette conscience de notre propre finitude. Loin d’être une source d’angoisse supplémentaire, elle est –pour moi- une invitation à vivre une vie vraie et digne d’être vécue car ayant un Sens.

Il ne s’agit pas de dire que la vie a en elle-même un sens ou qu’elle en est dépourvue (c’est édulcorer le problème) mais de manière + sensible et forcément personnelle : Quel est le sens de Ma vie ?

Pourquoi la question mérite-t’elle d’être posée ? Tout simplement, afin comme je le signifie ici en prélude parce que la question du sens de sa propre vie donne pour la personne une utilité vraie ainsi que le sens réel des valeurs. Je reformule + simplement : que se passerait-t’il dans votre vie si vous deviez mourir demain ?

Il y aurait surement bien des choses que vous aimeriez faire, que vous ne feriez pas d’habitude. Des choses que vous trouveriez essentielles à faire pour vous, vos proches, amis, revoir vos manières de penser… Nos sociétés – et c’est Bien – ont fait reculer dans nos vies le spectre de la mort physique en raison d’un grand savoir médical. De ce fait, nous sommes rarement en prise avec ce genre de questionnement, qui est pourtant essentiel et fondateur pour vivre pleinement sa vie en accord avec ce que nous sommes en tant qu’être humain. D’ailleurs, le simple fait d’être mortel renvoie aussi au caractère précieux mais donc forcément fragile de notre humanité personnelle.

Cela interroge –par ricochet – toute une série de valeurs que pourtant, n’ayant pas dans nos sociétés ces interrogations précieuses, nous ne savons plus les penser correctement. Qu’est ce qui est important pour moi réellement ? Qu’est ce qui va me rendre vraiment heureux ? Qu’est ce que je dois faire ou ne pas faire ?

La conscience de notre mortalité soulève donc bien des questions qu’il faut résoudre par soi-même et pour soi-même afin d’être en paix et vraiment l’être. Ne dites pas que vous n’avez pas de temps, que vous êtes pris dans vos soucis, au boulot, avec votre conjoint,… Ces questions vous regardent puisque vous mourrez comme moi-même d’ailleurs. C’est un fait. On ne triche pas avec ça, Impossible par nature. On ne peut pas se mentir à soi-même en se disant : mais j’ai le temps, ou, je m’en fous, Non. La question sera donc : Qu’en ferez vous ? Qu’allez vous en retirer ? Allez-vous commencer à vivre ?

En fait, philosopher, c’est apprendre à mourir… NON ! C’est apprendre à vivre vraiment, réellement, authentiquement, sainement, consciemment. Quand on dépasse l’angoisse que soulève cette question primordiale de sa propre fin, qu’on voit se déployer ces questions interminables qui en résultent et cet inconfort qui ne laisse plus en paix dans nos petites certitudes habituelles, c’est précisément là que débute le véritable cheminement personnel, car c’est chacun de nous qui mourra.

Ce sont des choses profondément personnelles liées à chaque individu donc forcément unique puisque les identités qu’on nous met sans arrêt sur les épaules n’existent pas. En effet, ce n’est pas un chrétien, un bouddhiste, une personne de gauche, de droite, etc,.. A la fois tout cela et rien de cela, en fait juste moi, chacun d’entre nous.

Ce questionnement est par nature universel, la mort l’est de facto. Universel certes mais donc aussi et forcément personnel.

Comme disait Sœur Emmanuelle : dépêche toi de vivre

J’ajoute : De bien vivre.

N’attendez pas d’autrui qu’il vous le dise à votre place car Nul ne peut répondre à ces questions si ce n’est vous-mêmes. C’est là, la difficulté de la tâche d’ailleurs : c’est à vous de vous prendre en main, d’avoir cette sympathie pour vous. Et ce n’est pas un mal de penser par soi-même il me semble… Ce qui est le + magnifique si j’ose dire, c’est que les réponses, nous les avons déjà, le véritable voyage commence dès qu’on comprend que c’est en nous. Car, cette compréhension des choses dépend de nous. Toute vérité à laquelle nous croyons dépend avant tout de notre propre point de vue sur celles-ci.

Ne plus avoir peur de soi…

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C’est assez rare que je commence par une citation préférant mes propres écrits pour illustrer ce que je vis et mon parcours. Pourtant là, Marc Aurèle et ses mots me parlent à l’instant où j’écris ces lignes.

Il y a un moment, j’avais rédigé une note ici-même sur ce blog pour montrer disons l’importance et le sens de l’intériorité dans toute tentative de reprendre pied avec les choses. J’aimerais maintenant avancer davantage sur cette thématique. + j’évolue, + je me rends compte qu’il ne faut pas avoir peur de notre dimension intérieure et de toutes les formes de représentations plus ou moins conscientes qui peuvent remonter à la surface.

Fondamentalement, dans nos sociétés dites développées et dites civilisées, on perd ce rapport à soi qui est pourtant fondateur et formateur sur le plan personnel pour se perdre dans l’extériorité (accumulation de richesses matérielles, divertissements,…).

Or, comme il est dit dans l’ecclésiaste : “Rien de neuf sous le soleil”. Ce passage de l’ancien testament est important. Fondamentalement, il n’y a rien de vraiment nouveau dans les problèmes que les hommes ont à affronter. Quand on regarde dans l’histoire des idées philosophiques, les auteurs ne “font” si j’ose dire que de reprendre la vérité selon des modalités propres à ce qu’ils sont et à l’époque où ils la donne.

Or l’accès à cette vérité est avant tout le reflet de la conscience qu’ils en ont.

C’est donc dans notre intériorité, dans ce soi à soi que peut naitre ou renaitre la conscience qui nous pousse à examiner au sens noble du terme nos vies. Il ne faut pas à mon sens craindre ce genre de chose. Au contraire, comme le montre cette citation de Marc-Aurèle, c’est salvateur. Ce soi à soi est aussi protecteur pour l’individu. J’aime bien pour ma part la maïeutique qui est la discipline philosophique qu’avait les anciens de l’antiquité grecque, qui vise à faire naitre la conscience individuelle. De nos jours, cela qui peut s’en rapprocher le + à mon sens, ce serait la psychanalyse. Comprendre la nature de ce dont on est amené à souffrir permet l’émancipation par la prise de conscience de ce que nous ne cessons d’être.

Savoir se recentrer en soi est souvent porteur de remise en question, c’est certain, seulement c’est le seul moyen d’avancer réellement dans la vie pour peu qu’on se soucie de la valeur de sa propre existence.

Je crois néanmoins qu’on ne peut aborder ces réalités sans avoir au préalable ce que je pourrais appeler des notions de phénoménologie de l’esprit afin de ne pas se perdre dans tout cela. Je m’explique : il ne faut pas être laisser seul directement face à ce genre de représentations psycho-spirituelles qui pour la plupart renvoient à des “illusions affectives”. Il y a bel et bien nécessité d’avoir suffisamment de recul sur ces questions avant d’entreprendre ce voyage en soi qui parfois peut s’avérer en pratique difficile. Même si le rapport à soi est direct et sensible, il faut au moins dans un premier temps s’appuyer sur ce que pensent un thérapeute averti de ce type de questionnement ET avoir des références intellectuelles qui y sont liées.

Cette conscience acquise ne vient pas sans effort personnel bien sûr mais au fil du temps l’effort spirituel sera de ne plus faire d’effort sur soi juste d’être dans une sorte de non-faire, d’accueil.

Les gens ne changent pas ce qu’ils sont, j’en ai acquis la certitude par contre il est possible d’évoluer pour juste DEVENIR SOI.

J’avance que…

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Cette citation illustrée montre ce qu’est –à mon sens- la véritable nature de l’amour entre 2 personnes, voir même éclaire ce qu’est l’amitié, le sens du respect humain ainsi que de la confiance née de la compréhension mutuelle. L’amour ne se limitant pas pour moi à la seul relation dite sentimentale.

Quand j’étais au lycée, je suis tombé amoureux d’une fille qui ne me permettait pas cela, qui utilisait les failles ou les faiblesses que je lui révélais, contre moi et en tirait une force que je trouve fort mal placée. Je me croyais faible et la percevait comme + forte que moi. Or, c’est parce qu’elle ne disait mots des siennes de failles tout simplement. D’où l’asymétrie de la relation qui en a résulté. Je crois que le + grand obstacle à cet échange si fécond, c’est la crainte. Je comprends mieux évidemment depuis lors que mes relations sentimentales se soient passées quasiment sur le même schéma.

D’où : prise de conscience…

L’amour réel et pas simplement l’idée qu’on s’en fait, est donc cette qualité de relation qui nous met en capacité de partager ce qu’il y a de + fragile en nous, voire parfois notre part de souffrance et de noirceur, sans que la personne en face ne juge cela et ne s’en serve contre soi. C’est aussi cela le respect premier dont on ne peut qu’espérer voir poindre le bout pour soi autant que pour l’autre.

Chacun d’entre nous a ses faiblesses quoiqu’on en dise et le fait de pouvoir les partager avec autrui est profondément émancipateur. Sans appropriation aucune de la parole de l’autre, la relation de couple peut avoir cette qualité de confiance et de respect que cette citation renvoie immanquablement de manière sous-jacente.

J’aime bien les citations, les proverbes, de ces vérités si simples et pourtant si riches pour qui se donne la peine de lire entre les lignes et d’en percevoir le sens.

J’assume ma part de fragilité maintenant, de sorte que je peux dans une certaine mesure, la comprendre chez quelqu’un d’autre.

Légende Hindoue

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Une vieille légende hindoue raconte qu’il y eût un temps où tous les hommes étaient des dieux. Mais ils abusèrent de leur divinité et Brahma leur maitre,  décida de leur ôter le pouvoir divin, et de le cacher à un endroit où il leur serait impossible de le retrouver.

Les dieux mineurs proposèrent alors de d’enterrer la divinité de l’homme dans la terre., mais Brahma répondit: "Non, cela ne suffit pas, car l’homme creusera et la trouvera. Alors les dieux suggérèrent de  cacher la divinité dans le plus profond des océans. Mais Brahma répondit à nouveau: "Non, car tôt ou tard, l’homme explorera les profondeurs de tous les océans, et il est certain qu’un jour, il la trouvera et la remontera à la surface." Alors, les dieux mineurs proposèrent :"Il ne reste plus que le ciel, oui, cachons la divinité de l’homme sur la Lune." Mais, Brahma répondit encore: "Non, un jour, l’homme parcourra le ciel, ira sur la Lune et la trouvera."

Les dieux mineurs conclurent: "Nous ne savons pas où la cacher car il ne semble pas exister sur terre ou dans la mer d’endroit que l’homme ne puisse atteindre un jour." Alors Brahma dit: "Voici ce que nous ferons de la divinité de l’homme : nous la cacherons au plus profond de lui-même, car c’est le seul endroit où il ne pensera jamais à chercher."

Depuis ce temps-là, conclut la légende, l’homme a fait le tour de la terre, il a exploré, escaladé, plongé et creusé, exploré la lune et le ciel à la recherche de quelque chose qui se trouve déjà en lui…

 

Cette légende est intéressante, car elle entre en résonnance avec celui de la création de l’homme et du jardin d’Eden dans les traditions monothéistes. Ainsi, c’est parce qu’Adam n’a pas eu assez Foi dans la parole divine qu’il s’est fait déchoir de ce qu’il fut au commencement des temps. Etant compris que cet Adam au sens spirituel représente toute l’humanité. Il y a donc des ponts entres toutes les cultures et ce qui me frappe souvent, c’est que + on avance sur ce terrain, + il est possible de CONSTATER ce genre de lien qui unit ainsi les différentes civilisations de part le monde. Cela ne peut inciter qu’à la tolérance et au dialogue. Car au-delà des questions de doctrines propres à chacune de ces spiritualités et philosophies, il y a bien un même vécu partagé de part notre condition humaine.

Dans la tradition chrétienne orthodoxe, il s’agit de réaliser par la connaissance de soi ce Divin que nous portons chacun en nous au creux de notre conscience de part sa nature immanente (Idée que Dieu est En chacun de nous). De devenir donc par grâce ce que Dieu est par nature. Dans la pratique spirituelle personnelle, il s’agira d’atteindre à cette réalité ultime comme dirait un bouddhiste ou la nature profonde de l’Esprit c’est à dire cette étincelle divine qui réside dans l’actualisation dans la personne humaine du caractère de Dieu (Fidélité, Droiture morale, Amour, Compassion, etc.), ce qui nous révèle à la pleine mesure de ce que nous sommes, ainsi que le caractère sacré de la vie.

Le Christ étant pour moi, la plénitude de Dieu dans l’individu. En tant qu’être ordinaire, nous n’avons si j’ose dire que Dieu en potentialité, toute la pratique spirituelle sera donc de tendre vers cette plénitude.

PS : j’ai conscience que ce que je dis là est difficile à comprendre, cela pourra même paraitre choquant pour certains croyants. A ceux là, je souhaite simplement dire que nul homme n’est digne de Dieu, Seul ce dernier PEUT nous en rendre capable et il ne s’agit pas dans ma pensée de dire que l’homme est l’égal de Dieu mais bien plutôt d’affirmer qu’il s’agit, par la pratique spirituelle personnelle (connaissance de soi) d’intérioriser le caractère de Dieu en Soi-même pour nous rendre digne –en fait- de recevoir Sa grâce : Cet Eveil spirituel personnel et donc La paix absolue vis à vis de ce que Nous sommes.

C’est aussi la raison du Nom de ce blog : C’est en devenant Soi, en se libérant de toutes nos entraves personnelles, ce qui paradoxalement dire Accepter profondément Qui nous sommes et de ne pas s’oublier ou dissoudre sa personnalité au nom de cette fameuse doctrine orientale dite du Non-Soi qui a, Hélas du succès actuellement. L’Ego est avant tout le symbole de notre ignorance spirituelle fondamentale qui nous amène ici-bas à souffrir. Prendre conscience de soi, s’octroyer de la valeur, en un mot Devenir Soi, s’accepter totalement et inconditionnellement, in fine savoir se pardonner des fautes, des errements pour avancer est le summum de la sagesse humaine à mon sens.

A savoir : le Moi dans sa conception occidentale n’a RIEN à voir avec cette notion d’Ego au sens oriental. S’il faut se départir de l’égo, c’est pour se trouver SOI au fond du fond de notre conscience.

Devenir Soi, c’est être tout à fait libre et j’ajoute pleinement heureux car en Paix profonde avec soi, les autres, le monde. C’est aussi cela le caractère divin : Jésus a ainsi dit, je cite “je vous donne MA paix”.

Rapport au savoir

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J’ai toujours eu un lien affectif au savoir dans le sens où quand j’étais encore en scolarité, j’obtenais de bien meilleurs résultats dans les matières qui avaient un sens pour moi. Pendant mon adolescence, j’étais vraiment absorbé par la complexité et la variété des approches théoriques. Absorbé par une sorte d’amour de l’intellect au fond quand j’y repense aujourd’hui avec + de recul qui versait je crois dans une forme d’orgueil.

Néanmoins, un évènement malheureux a commencé à me mettre la puce à l’oreille concernant mon trop grand amour de la raison : Une fois, je suis tombé sur du verre et me suis blessé la main, je perdu beaucoup de sang jusqu’à faire un malaise. Arrivé aux urgences, je me suis senti “partir”… Et c’est là que je me suis aperçu que face à la peur de la mort, ces connaissances durement acquises ne pesaient strictement rien, qu’elles n’étaient – au fond- qu’une sorte de Vanité de l’esprit.

Déjà, à ce moment de ma vie, j’ai commencé à douter du bien fondé d’une approche uniquement intellectuelle des choses de la vie qui face aux grands tourments qui peuvent s’y produire n’étaient d’aucune aide réelle. Quand je suis tombé dans des gros problèmes de santé psy, je me suis à nouveau dit que ce je savais ne m’avait pas protégé du mal-être massif que ces soucis représentaient.

D’où la nécessité qui fut la mienne, afin d’aller vers un mieux-être d’avoir des connaissances réellement utiles justement dans cette optique. C’est alors que j’ai dû sérieusement me remettre en question intellectuellement. Ce fut à cette occasion que j’ai vite posé le constat que les personnes simples étaient celles qui étaient les + résistantes moralement face aux chocs que la vie ne manque pas de nous envoyer.

C’est alors que j’ai constaté également que la sagesse, c’est avant tout du bon sens appliqué et que le fait disons de simplifier ma pensée de ces bagages théoriques “creux” et de privilégier la profondeur à la complexité fragile avait un impact direct sur mon état de santé qui déjà s’améliorait à ce moment là. Ce fut aussi pour moi l’occasion de faire une sorte de tri dans mes connaissances et de parfois re-découvrir la philosophie et de la voir cette fois-ci comme un outil au service du bien-être, et non plus que comme une distraction purement intellectuelle déconnectée des réalités sensibles.

L’année dernière, j’ai tenté –vainement- de reprendre des études, j’ai tenu que 2  jours à cause de mes problèmes de santé mais malgré ce peu de temps passés à nouveau sur les bancs de la faculté, j’ai été confronté à des cours, j’ose le dire : CREUX, dans le sens où ce sont des connaissances qui ne servent pas réellement dans la vie y compris dans la vie professionnelle tant les aspects théoriques développés étaient éloignés des réalités du terrain. Cela a été un choc pour moi d’ailleurs de voir que tous ces cours de fac pourtant d’un haut niveau n’avaient désormais plus de sens et donc d’intérêt pour moi.

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