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Notre attitude de base envers la souffrance influence grandement la façon dont nous la vivons. Face à l’adversité que peut constituer la maladie mentale et tout ce qu’elle comporte, il m’a été très utile de m’ appuyer sur la spiritualité (philosophies et même religion). En effet, on ne peut raisonnablement tenter de se sortir d’un mauvais pas, sans l’aide de la réflexion et le travail sur soi que celle-ci induit.

Pour quelqu’un souffrant de psychose, il peut paraître étonnant de parler de discernement, alors que pourtant, c’est cela qui m’a permis de m’en sortir vers le haut. Mais discernement face à quoi ? Et bien, en lien avec la gestion que j’ai fais de mes symptômes psychotiques, à savoir notamment des hallucinations visuelles dont je souffrais. De même en ce qui concerne l’ envahissement des pensées.

En ce qui concerne l’ envahissement des pensées, j’ai fais le choix de ce que le bouddhisme appelle la non-saisie conceptuelle. Un peu compliqué me direz-vous et pourtant, en pratique, c’est plus simple qu’en théorie. Ce qui veut dire que face aux pensées désagréables et même à celles faussement agréables, je me suis efforcé de passer outre sans m’attacher à celles-ci mais sans non plus être dans le déni de la souffrance qu’elles peuvent causer même encore aujourd’hui.

Le chemin est long mais l’essentiel, c’est que le processus est lancé et que le mieux-être est déjà là. Et face aux pensées et aux émotions négatives, nous avons assurément le choix quant à la façon dont nous réagissons à la souffrance qui peut en découler. Si nous le voulons, nous pouvons adopter une approche plus objective et rationnelle, et apprendre ainsi à discipliner notre réaction. Mais nous pouvons aussi nous contenter de pleurer sur notre malheur. Mais dans ce cas, la frustration nous guette, l’émotion afflictive surgit, et c’en est fini de notre paix d’esprit. Il y a donc un rapport évident entre l’effet de la souffrance sur notre coeur et notre esprit, et notre pratique de la discipline intérieure. Cela laisse supposer que le degré de souffrance que nous éprouvons dépend en grande partie de nous-mêmes.

Voyons quels choix nous sont offerts quand nous rencontrons une difficulté. Tombant dans un cas extrême, nous pouvons la laisser nous écraser. Tombant dans l’autre, nous pouvons prendre congé, partir en pique-nique et l’ignorer. Mais nous pouvons aussi faire face à la situation, l’examiner, l’analyser, en déterminer les causes et chercher comment y remédier. Quoique cette troisième attitude puisse à court-terme nous occasionner une souffrance supplémentaire, elle est manifestement préférable aux deux autres :

Si nous tentons d’éviter un problème en fermant les yeux, en buvant ou en nous droguant, ou même en ayant recours à certaines formes de méditation ou de prière comme moyen d’évasion, nous pouvons éprouver un soulagement immédiat, mais le problème demeure. On élude ainsi la question, on ne la résout pas. Et une fois de plus apparaît le risque que l’agitation mentale et émotionnelle s’ajoute au problème initial. Dès lors, l’inquiétude, la peur et le doute augmentent, et pour finir la colère et le désespoir s’en mêlent, avec leur cortège de souffrances potentielles pour soi et pour les autres.

Si l’idée d’affronter carrément la souffrance peut sembler quelque peu effrayante, il est bon de se rappeler que rien n’est permanent dans le monde où nous vivons. Tous les phénomènes sont sujets aux changements et au déclin.

Approfondissement :

Pour tout cela, l’ enseignement du Bouddha fut très important pour moi, de même en ce qui concerne le christianisme qui n’est pas simplement non plus qu’une religion. Il faut bien comprendre que ces deux traditions spirituelles ne sont pas si éloignées que cela dans leurs préceptes quand on les connaît bien. Pour moi, ce n’est pas un grand écart que de faire dans un même temps le rapprochement entre elles. Il faut toujours garder à l’esprit que face aux questions fondamentales que la vie pose, les « solutions » ne peuvent être que proches à condition bien sûr de garder l’esprit ouvert car personne au monde ne peut détenir à lui seul la Vérité. C’est pour cette raison que dans ce blog, j’ai fais délibérement le choix d’inclure des références au christianisme que je n’ai découvert qu’en maladie.

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