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En prolongement de mon dernier billet (conseils pour faire face à la psychose), je vais m’attacher à définir le concept de spiritualité et ce qu’il englobe.

C’est à mon adolescence que j’ai commencé à m’ intéresser aux larges champs de la philosophie et de la religion. Il s’agissait alors pour moi, de tenter de répondre à certaines de mes questions existentielles et métaphysiques. Dans une société largement sécularisée, il est difficile de s’engager dans ce type de recherche du fait que ma génération selon le terme consacré, est une génération sans héritage de ce type. Ceci venant du fait que la religion chrétienne au sens large du terme est en net recul, et qu’en France « l’illusion du politique » a la vie dure : question de la morale de l’action et de l’engagement, héritage parfois contestable de Sartre.

C’est donc à cette époque de ma vie, entre mes 16 à 19 ans que j’ai découvert la sagesse bouddhique. Ce qui fut pour moi d’une grande richesse et dont j’ai pu -en maladie- en éprouver le bienfait. A mon sens, et pour revenir à mon propos initial, la spiritualité englobe la philosophie et la religion vue comme tradition spirituelle. Dans cette acception, la religion ne se limite pas simplement à un ensemble de rites codifiés, mais se veut porteuse de réflexions sur la profonde et déprimante solitude de l’homme, bien plus que la preuve de l’ existence de Dieu. Il s’agit là de bien comprendre que si Dieu est amour inconditionnel, on ne peut pas prouver son existence, car ça échappe à la raison par essence. En effet, on peut pas concevoir l’éternité dans la condition humaine qui, elle se situe dans un devenir permanent. Il n’y a de ce fait qu’une seule approche pour appréhender cette vérité qui nous fait défaut, c’est d’être dans ce que le bouddhisme nomme la cessation du devenir, l’extinction de la soif.

Qu’est ce que cela signifie ?

Pour tenter d’être clair à ce sujet, il faut se rappeler que ce qu’on nomme soif, c’est d’un point de social et pratique, la recherche du plaisir et le refus de la souffrance. En effet, ce sont là des vues mondaines qui ne consistent qu’à être en permanence dans la course au paraître, à la réussite sociale et à l’ accomplissement personnel. Dans ce cas, où se situe autrui ? L’autre différent par nature de soi ?

A l’inverse, la souffrance dans ce type de contexte est reléguée, rejetée également par ceux qui souffrent. Là aussi, rien d’anormal à première vue, mais si on considère d’un point de vue pratique, cette souffrance non-acceptée aggrave encore la brisure et n’offre pas de libération possible pour la personne souffrante.

La voie médiane que propose le bouddha quand il exposa sa doctrine sur la cessation de la souffrance (3ème noble vérité) est que ni le plaisir des sens, ni la souffrance ne sont des états permanents. Dès lors, il n’y a que le travail sur soi qui peut nous amener vers la paix intérieure. Il s’agit là de bien montrer que ce n’est qu’en acceptant la souffrance inévitable dans nos vies que nous pouvons prétendre à ce contentement intérieur. On ne peut pas changer le monde si en nous, nous n’avons pas cette paix.

Il ne s’agit donc pas d’une morale de l’action qui est proposée ici mais bien plus une conception de la relation avec soi et avec les autres. Dans cette optique, la cessation de la souffrance (la course folle vers l’avenir) peut seule nous garantir petit à petit à vivre le moment présent qui selon saint-augustin est le temps de Dieu.

On ne peut pas éviter la souffrance, mais on peut tous apprendre à la traverser avec humilité, patience et constance, ce qui peut, bon gré mal gré lui donner un sens.

C’est cela la véritable paix.

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