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Quand on souffre de dépression, on a tendance à souffrir du bonheur supposé des autres. Alors, on se compare à eux et de ce qu’ils peuvent faire de leur vie, et l’on se sent inutile et incapable, ce qui aggrave encore le mal-être. Et oui, car dans certains cas et c’est le mien encore, on ne peut rien faire de sa vie du fait de la maladie.

Avant que celle-ci n’apparaisse, j’avais ma sainte trinité personnelle à savoir Amour-Compassion-Sagesse. J’y suis resté fidèle même encore aujourd’hui. C’est une morale personnelle que je tente de m’appliquer chaque jour avec plus ou moins de réussite il est vrai et juste de le dire. En effet, j’ai beaucoup lu et étudié les philosophies, et pas uniquement pour la satisfaction intellectuelle. J’ai toujours été un peu rêveur. C’est normal quand on est jeune et qu’on souhaite comprendre des choses et changer le monde. Dans cette recherche si personnelle, j’ai fini par comprendre que c’est un amour éclairé qui change et peut réellement transformer les choses. Je crois penser juste quand je dis qu’avant qu’une vraie révolution ne bouleverse la société, il doit y avoir une révolution dans le coeur de l’homme.

Prise dans cette optique, la dépression peut remettre bien des choses en place. Elle permet soit de grandir soit de dépérir. Tout dépend de la façon dont on l’apprivoise. En ce qui me concerne, j’ai fini par comprendre par cette maladie qu’on peut se sentir aussi aimé pour ce que l’on est et pas simplement pour ce qu’on peut visiblement faire de sa vie. J’ ai donc cessé de m’apesantir sur ce qui se passe à l’extérieur, sur ce que j’aurais pu faire si j’avais gardé la santé. Je ne suis plus dans la course, dans le devenir et le paraître social. Je ne cherche plus à me construire par le regard des autres. Bref, je suis comme je suis. Est-ce cela qu’être libre ?

La morale Amour-Compassion-Sagesse me fut bien utile, car aujourd’hui encore elle me procure des consolations qui viennent sans cesse en moi sans que je ne les recherche. On sous-estime bien grandement aujourd’hui les bienfaits de la morale et pourtant ceux-ci sont importants même si je souffre encore beaucoup. Mais, j’avance sur un chemin que je veux poursuivre, et c’est cela l’essentiel.

Pas besoin de philosophie compliquée ou d’une religion purement ritualisée. Pas besoin non plus de voir dans la politique la clé pour changer le monde. Tout cela ne représente que la surface des choses, l’essentiel est dans ce qu’on ne voit pas, c’est à dire le coeur et l’esprit des gens du quotidien. C’est ce quotidien qui importe même s’il peut paraître bien dérisoire à première vue, mais quand on creuse un peu plus…c’est autre chose.

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