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La confusion sur soi dans la psychose est un fait indéniable : on ne sait parfois plus qui on est tellement la souffrance morale paraît importante. Néanmoins, j’ai tendance à penser qu’il y a toujours une part en nous qui demeure saine et qu’il faut savoir consolider. Bien que la tâche ne soit pas facile, il est bien nécessaire de savoir que ce que nous ressentons n’a pas d’existence intrinsèque : la souffrance nous ment.

En effet, l’âme humaine est le fruit d’une multitude de phénomènes psychiques dynamiques en lien avec la perception reçue des sens et son interprétation par notre raison. Dans la psychose, ce lien tend à disparaître du fait notamment que ces dites perceptions sont altérées (hallucinations et pseudo-délires induits par celles-ci,…). Il est donc nécessaire de bien faire la part des choses afin de ne pas se laisser ravir par ces perturbations de perceptions.

Dans cette optique, il faut toujours garder à l’esprit que la seule façon raisonnable et raisonnée de s’en sortir est de se rappeler qu’il existe une réalité qui transcende les perceptions ordinaires. C’est celle-ci qui bien que généralement douloureuse peut seule permettre d’aller vers un mieux être réel.

Pour aller plus loin, il faut préciser qu’en philosophie, on fait souvent la distinction entre la réalité et le réel.

Dans la première acception, la réalité, est une image qui est forgée par la mémoire et donc émane de notre passé, se vit au présent et prépare notre futur. Notre condition humaine est prise dans le temps, et notre pauvre pensée en est le fruit. Nous sommes donc déterminés, tout comme dans le mythe de la caverne de Platon.

Dans la seconde acception, le réel, c’est avant tout ce qui est (exemple : une fleur aurait un autre nom sentirait toujours aussi bon). Tout comme l’amour, le réel se définit avant tout par la négative. Ce qui veut dire, qu’il n’est ni agréable, ni désagréable. Il est devant nous enpermanence, c’est tout. En exemple, je citerai : « une montagne était là avant nous, elle est là devant nous maintenant, elle sera là après nous ». C’est cette dimension que j’ évoquais quand je disais qu’il existe quelque chose qui transcende nos perceptions ordinaires.

De ce fait, le seul moyen de revenir d’un épisode psychotique et de ce qu’il peut générer, est de bien prendre conscience que ce que nous vivons en joie comme en peine est illusoire car non-permanent, comme je le citais en introduction. C’est pour cela qu’à mon sens, il faut accepter la maladie et la souffrance, car c’est ce minuscule chemin qui peut seul nous reconduire vers un mieux être durable. Cette acceptation, même si elle est difficile tend à effacer en nous le poids de nos déterminismes et de nous rendre la liberté et la paix intérieure.

Le Senti – ment.

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