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Les stigmates ne sont pas réservés aux mystiques mais potentiellement à tout le monde. En effet, qu’entend-ton par stigmates ? A mon sens, la stigmatisation est aussi un reflet social attaché à un état qui peut venir d’une maladie, d’une origine,…et est plus largement lié au rejet que ce même état peut susciter dans un groupe humain qui se rassure sur sa propre appartenance, et à son conformisme.

Néanmoins, chaque personne est porteuse d’une singularité qui la détache nettement de son « corps social », c’est cela qui peut nous exclure. Or la difficulté ici, est de bien comprendre que nous nous devons de nous accepter tel que nous sommes et pas tel que l’on devrait être. Chaque différence est salutaire à condition bien sûr que chacun puisse être reconnu et accepté en retour pour celle-ci.

Vouloir chasser, oblitérer la différence de nos vies signifie bien dans cette optique nous fermer les portes de ce que nous sommes tous appelés à être nous-mêmes également. Cette non-rencontre, ce refus d’humanité primaire est donc destructeur tant pour soi-même que pour les autres, d’où l’importance de la compassion qui étymologiquement signifie souffrir avec.

C’est ce que disait fort justement l’abbé pierre quand il affirmait : une société ne peut tenir que s’il y a le « tu souffres, j’ai mal » et mes énergies vont se lever et unies aux tiennes venir lutter contre ton mal qui est devenu le mien. En effet, bien que cette souffrance n’est pas une fin en soi, c’est bien son acceptation qui peut être salutaire. En faisant cela, on s’éloigne considérablement de la raison humaine commune et de ses impératifs sociaux, d’où l’importance du pauvre, du malade, du faible dont Bernanos nous dit qu’il a le secret de l’espérance.

C’est en risquant une souffrance d’humanité que l’on peut aussi se rencontrer en l’autre.

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