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La maladie psychique est paradoxale. Souvent pour acquérir un mieux être, il semble falloir renoncer à quelque chose pour mieux l’obtenir ensuite. J’ai dû renoncer à me battre pour guérir, et je m’en sors bien aujourd’hui côté santé, j’ai dû renoncer à l’image que j’avais de moi-même, aujourd’hui, je l’ai retrouvé… Souvent la démarche volontariste ne mène nulle part. Il m’est apparut que la volonté n’aide pas à s’en sortir bien au contraire. La volonté se nourrit du désir de re-devenir ce qu’on était avant et provient d’une révolte que l’on a vis à vis d’une situation qui peut paraître inacceptable.

En maladie, Accepter est le maître mot et la moitié du chemin vers la rémission. Cela ne rend pas les choses plus facile mais ça permet de mieux vivre une situation.C’est donc bien dans la manière d’affronter l’adversité que réside la solution permettant au mieux être d’apparaître. Il faut se méfier de sa propre volonté comme je le disais, j’ai pris conscience que la volonté est bien souvent un piège car on est pas plus fort que le mal qui nous assaille mais bien assurément plus faible. Vouloir guérir est normal mais est en pratique illusoire et destructeur. Ce n’est pas parce qu’on veut quelque chose qu’on l’obtient forcément.

Il faut donc bien savoir renoncer pour obtenir avec de la patience ce qu’on recherche. La révolte initiale est normale mais ne doit en aucun cas servir de base pour que s’exprime des velléités de revanche sur soi même et sur un destin qui s’acharne. J’ai souvent été révolté devant ma situation et mon quotidien de malade mais je n’ai pas permis que ce sentiment de révolte ne puisse grandir en moi. J’ai préféré au contraire le mettre en sourdine et de profiter du jour présent tout en faisant un travail de reprise de contrôle de ma vie. Cette reconstruction s’est faite de manière pragmatique, c’est à dire de manière concrète en observant dans un premier ce qui marchait ou pas chez les autres malades dans leurs tentatives de reprendre pied, et dans un second temps de le faire pour moi même.

Avec le temps, cette démarche que j’évoque ici de renoncer pour obtenir, de ne pas laisser ma volonté personnelle dominer a eut bien des bienfaits. J’ai ainsi pu me « laisser aller » un peu, ce qui a relâché la pression autour de moi et en moi : l’angoisse et le stress sont retombés, j’ai renouvelé ma manière de voir le monde et les autres bref je me suis reconstruit sur des bases plus saines tout en ne relâchant pas ma vigilance car il faut de fait que je garde un traitement médicamenteux même léger en permanence.

Tout est possible si on sait s’abandonner soi même…pour pouvoir ensuite se retrouver. Oubliez la peur du vide, du néant, ils sont nécessaires pour passer de l’esclavage des passions et de la volonté à la liberté retrouvée de la vie.

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