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Pendant que j’étais en traitement en hôpital de jour, j’ai pu observer les autres patients de l’unité psychiatrique et leur façon de « gérer » leur maladie. Il m’est apparu que beaucoup d’entre eux avait tendance à nier qu’ils étaient malade en dépit du bon sens, d’autres voulaient lutter contre la maladie. Dans le premier cas (négation de la maladie), la possibilité de s’en sortir me paraît quasi-inexistante et d’ailleurs, j’ai été frappé par le fait que ceux qui niaient qu’ils étaient malades était ceux qui s’en sortait le moins bien. Dans le second cas (ceux qui luttait contre), eux étaient conscient qu’ils étaient en maladie mais leur façon de l’apprivoiser me paraissait à moi un peu contradictoire…

Certes, ils étaient lucides en admettant qu’ils étaient malade, et c’est déjà un bon point, mais ne voulaient pas accepter la maladie c’est à dire la souffrance et se construisaient donc en opposition vis à vis de leurs difficultés. Cette démarche à mon sens n’est pas suffisante, car elle ne permet pas de faire un réel travail sur soi et a le désagrément de faire que leur souffrance se répétait sans cesse en eux. Ceci dit, j’ai remarqué que ce « groupe » de malades s’en sortait quand même mieux au final que ceux qui refusait corps et bien d’admettre leur maladie.

Non, je le dis on ne se pose pas en s’opposant… au contraire, ça ne fait qu’entretenir le mal dont on souffre et ce n’est pas uniquement valable en ce qui concerne la maladie psychique. A mon sens, et ce fut ma démarche, j’ai dans un premier temps reconnu que j’étais malade, puis dans un second temps je l’ai accepté. Ce qui m’a permis de me concentrer plus efficacement sur les moyens de m’en sortir. Il faut bien comprendre que la maladie est + forte que nous. A ce titre, se construire contre ça, c’est une perte de temps et d’énergie. En effet, ce n’est pas parce qu’on veut guérir d’un mal que l’on a gain de cause. Je le répète la maladie psy a toujours le dessus sur nous quelque soit la force de caractère de la personne qui en souffre. Alors autant l’accepter pour rompre avec ce cercle vicieux qui consiste à lutter contre quelque chose qui nous dépasse et dont on est pas maître.

Il faut avoir le courage d’admettre qu’il y a des choses qui ne dépendent pas de nous dans la vie, il faut avoir le discernement de savoir lesquelles c’est tout. Et faire avec ce qu’on ne peut changer MAIS changer ce qui est en notre pouvoir de changer.

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