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En sociologie, on distingue 2 approches méthodologiques dans l’étude d’un phénomène social : le holisme et l’individualisme méthodologique.

Dans la 1ère approche (le holisme), c’est à partir de son environnement que l’homme se détermine. celui-ci ne se construirait donc qu’en réaction face à son contexte de vie et ne prendrait de décision qu’en fonction de cela. Il y aurait donc prédominance du « haut » (des déterminismes) sur le « bas » (les actions de l’individu). Dans son étude du suicide à la fin du 19ème siècle, Durkheim célèbre sociologue français démontrait que ce sont en fonction de plusieurs facteurs que certains individus se suicideraient davantage que d’autres. On peut citer le contexte familial, religieux (certaines religions comme le christianisme préserverait ainsi du suicide),… Dans la 2nde approche (l’individualisme médhologique), l’école de Max Weber, sociologue allemand, prône quant à elle une compréhension de l’homme selon ses motivations et tente de comprendre les phénomènes sociaux à partir de cela.

Même si on serait tenté de dire qu’elles se complètent, ces 2 systèmes de pensées s’opposent radicalement. En effet, et dans le cas de la maladie psychique, des études statistiques visant à déterminer des éléments de pronostics sur le devenir de la maladie chez les patients en souffrant ne me paraissent pas traduire l’essentiel. Ce n’est pas par la démarche explicative tirée des statistiques et donc du holisme qui peut montrer ou révéler les moteurs principaux et les ressorts intimes du malade psychique. Même si cette approche apporte en effet des éléments intéressants dans l’étude des conditions propres à élaborer des pronostics sur le devenir de tel ou tel malade, elle n’en cerne pas les moteurs qui sont du ressort de la compréhension intérieure inhérente à la personnalité du malade et à son libre-arbitre.

On sait ainsi qu’une bonne prise des médicaments, un bon suivi avec une équipe de soins, l’intelligence du patient, la bonne collaboration aux soins,… sont des facteurs d’évolution favorable de la maladie. Néanmoins, ce n’est pas suffisant de savoir tout ça. Il faut aussi s’appuyer à mon sens sur les ressorts intérieurs qui sont du domaine du libre-arbitre de la personne même du patient en psychiatrie. Je veux parler en ce sens de son degré d’acceptation de la maladie et pas de son déni vis à vis d’elle. Par ailleurs on peut aussi citer sa spiritualité champ délaissé par la psychiatrie moderne mais pourtant bien utile dans tout démarche de rétablissement.

La démarche compréhensive me paraît donc bien + adaptée dans le traitement des maladies psychiques. Bien sûr, je ne suis pas soignant mais j’ai le vécu qui me permet d’en parler avec je le crois un tant soit peu de pertinence. C’est aussi une approche qui me paraît + humaniste dans le sens où elle ne va pas dans le sens de l’obligation de soins qui serait contraire à l’idée que je me fais de l’homme et qui serait justifié indirectement par la démarche explicative (obligation de prendre ses médicaments,…). Bien que c’est parfois nécessaire de contraindre un individu à le faire, cela ne peut donner de bons résultats sur le patient à long terme. On tend ainsi à l’aliéner encore davantage par cette démarche. Dans le meilleur des cas, il vaut mieux obtenir la collaboration du patient bien que cela est plus ardu et nécessite sa bonne information.

J’ai eu cette chance d’avoir un médecin qui m’informe sur la maladie, sur la bonne façon de m’en sortir mais je ne suis pas sûr que du fait d’un manque de moyens dont souffre chroniquement les établissements de psychiatrie moderne que ce soit toujours le cas.

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