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Dans ma tentative de reprendre pied avec le monde, les autres et surtout moi-même, je me suis appuyé sur la spiritualité comme moyen de faire face à ma maladie. Tentative risquée si en est dans ce genre de pathologie, d’où la chance que j’ai eu de connaître le bouddhisme avant que celle-ci n’apparaisse. Néanmoins, j’insiste sur le fait que la spiritualité doit à tout prix être évitée si elle est comprise dans le sens d’une aggravation d’un délire psychotique. Cette parenthèse fermée, je me suis rendu compte qu’une spiritualité en cohérence avec la réalité est une possibilité de soin qu’il ne faut pas négliger, du moins c’est la piste que j’ai retenu pour moi même. Force est de constater qu’aujourd’hui le résultat en est palpable mais je recommande au lecteur la prudence absolue dans ce genre de démarche qui doit être inclue dans un processus de soin « conventionnel » en psychiatrie : la prise continue du traitement en maladie est d’une nécessité absolue, de même qu’un bon suivi psychothérapeutique quand c’est possible pour le patient qui souffre de ce genre de pathologie…

Pour ma part, l’approche que je décris là (de faire intervenir de la spiritualité pour soi) doit être impérativement appliquée de manière souple et pragmatique dans toute démarche de rétablissement sur le long terme. Cette démarche qui fut la mienne doit aussi être comprise dans le but et l’objectif d’une résilience, c’est à dire d’une sortie de ma maladie par le haut et donc pas faite pour simplement la satisfaction intellectuelle ou la distraction, et je précise que ce fut une démarche tout à fait personnelle qui ne peut convenir à tous. Je préfère prendre ces précautions de langage pour m’assurer de ne pas tromper le lecteur sur mes intentions qui sont seulement d’attirer le regard sur le fait que les systèmes de pensées et de croyances ont aussi leur raison d’être dans un cheminement existentiel. Dans cette optique, je veux dire que le bouddhisme est une philosophie que je recommande, utile dans la perspective de le construction d’une vie sereine et surtout apaisée tout autant que consciente et responsable.

Comme disait Le Bouddha, « soit ton propre maître et ton propre disciple ». Je veux ici mettre en exergue le fait qu’on se doit pour soi même de garder son libre arbitre et ne pas se faire diriger par autrui dans ce genre de domaine, ce sont en général des voies mauvaises. Le Bouddha comme tout autre grand enseignant de l’humanité était un émancipateur qui posait clairement les problématiques essentielles de la vie des hommes, et ceci de manière intemporelle, tant les questions de l’existence n’ont pas changé d’un iota depuis que l’homme est homme.

Je retiens pour ma part de son enseignement : « les 4 Nobles Vérités ».

La souffrance

Le Bouddhisme est réaliste dans la mesure où il affirme que la souffrance est présente dans la vie des hommes. Le Bouddha ne rejette pas le bonheur mais tend à le relativiser du fait de la présence de la souffrance. Celle-ci est. Biensûr, je schématise à l’extrême sa pensée pour la lisibilité de cette article.

L’origine de la souffrance

Pour Bouddha, cette origine de la souffrance est liée à la « soif », c’est à dire une « avidité passionnée » qui trouve sans cesse une nouvelle jouissance ici ou là, à savoir : la soif du plaisir des sens, la soif de l’existence et du devenir, et la soif de la non-existence.

La cessation de la souffrance

Il existe une émancipation possible de la souffrance, en éliminant cette soif. Là c’est comme un arbre, on peut lui couper des branches mais il continuera à vivre, mais si on lui enlève la sève il finit par dépérir. C’est donc la sève qu’il faut éradiquer pour mettre un terme définitif à la souffrance : ici on dira « l’avidité passionnée ».

Le sentier qui conduit à la cessation de la souffrance.

  1. Compréhension juste
  2. Pensée juste
  3. Parole juste
  4. Action juste
  5. Moyens d’existences justes
  6. Effort juste
  7. Attention juste
  8. Concentration juste

Cela induit donc : La conduit éthique,La discipline mentale, la sagesse.

Vous pourriez me dire mais en quoi ceci a à voir avec la maladie psychique et bien je réponds : en donnant un cadre conceptuel large permettant d’appréhender la souffrance et de s’en libérer, le bouddhisme tend à permettre une réappropriation de soi permettant la résilience. C’est bien par la conduit éthique, la discipline mentale et la sagesse que ma maladie a pu reculer. Biensûr, ça ne dispense aucunement de prendre son traitement mais cela permet comme je l’ai dit par la réflexion et la prise de conscience sur soi au mieux être d’apparaître et surtout de se prolonger. C’est cela la résilience, c’est l’aboutissement d’une réflexion sur soi et au-delà une vision d’une monde cohérente : la sagesse ce n’est pas de ne pas faire de bêtises, ça c’est le fruit de la sagesse disait l’abbé pierre. Non, la sagesse est le résultat d’une discipline de soi appliquée de manière souple dans sa propre vie.

Ci-joint, un article du Point qui développe ce que j’avance ici.

http://www.lepoint.fr/actualites-societe/le-bouddhisme-au-secours-de-la-medecine/920/0/268144

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