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Suite à un commentaire que j’ai reçu d’un internaute au sujet d’un ancien article de ce blog, je me permets de préciser ma pensée : Comment développer « ses capacités d’autonomie ». Je traiterai des conseils pour les familles dans un autre article. Je ne suis pas thérapeute mais l’expérience de ma maladie fait que je peux au moins témoigner de ce qui à moi m’a fait progresser. Il s’agira pour le lecteur de bien faire la part des choses sur ce que je dis là et d’en discerner par lui-même ce qu’il faut en retenir. Ce blog fonctionnant avant tout sur mon témoignage personnel.

Le développement des capacités d’autonomie par le malade lui-même :

  • Comment éviter les idées délirantes :

Quand j’ai commencé à tomber malade, je suis passé par la phase « active » de la psychose, c’est à dire par une période délirante il faut bien l’avouer. Ceci dit quand je suis effectivement tombé en maladie, j’ai RECONNU que ce délire en était un et pas l’expression d’autre chose… Je ne suis donc efforcé de prendre de la distance vis à vis de cet épisode psychotique aigü comme l’appelle les psychiatres. Comment faire ? A ce sujet, je crois que la personne qui souffre de genre de pathologie doit comprendre que le délire en est un, il y a là un véritable travail de remise en question et de discernement à faire de la part de la personne en souffrance. Cette démarche est à faire à tout prix dans un premier temps (RECONNAITRE qu’on délire ou qu’on a déliré ; REMETTRE EN QUESTION ce délire, là le traitement médicamenteux aidera).

Dans un second temps, pour éviter qu’un autre épisode délirant ne puisse s’installer, je crois qu’il faut être vigilant quant à soi. Je veux dire par là qu’il ne faut jamais mais vraiment jamais INTERPRETER ce qui nous passe par la tête à un moment ou à un autre. Je vais citer un exemple personnel, il y a environ un an, j’ai fait un rêve disons mystique. Sans trop donner de détails, j’ai fait ce qui à mon sens devait être fait par le travail conscient, c’est à dire que je ne l’ai pas interpréter ni chercher ce qu’il signifiait. Je me suis contenté de le laisser passer sans me troubler outre mesure. IL faut un minimum d’HUMILITE dans ce monde. Cette humilité a l’avantage suivant, on ne peut plus être CONVAINCU par l’irréel et de ce fait on s’en éloigne.

  • Comment accepter d’entendre des voix ou d’avoir des hallucinations visuelles.

Entendre des voix ou plus largement avoir des hallucinations ne fut pas un problème pour moi mis à part que ça me renvoyait à mon statut de malade quand j’en avais c’est tout. Néanmoins, je veux dire que les hallucinations ne sont pas la maladie, ce n’en sont que la conséquence, c’est un peu comme la température qui monte quand on a la grippe. Il faut donc remettre ce phénomène dans son contexte. Non, pour qu’il y ait délire, il faut qu’il y ait la combinaison d’une hallucination et une interprétation de la part du psychisme. C’est cela qu’il convient d’éviter. En soi, l’hallucination n’est pas un problème. Mon médecin me disait même que tout le monde hallucine au moins 1 fois par mois. Il faut à mon sens simplement faire attention quand on en a de ne pas les interpréter, simplement ne pas les prendre en compte. Ce n’est pas toujours facile c’est vrai mais c’est possible. Il ne faut pas se laisser prendre au piège et ne pas se laisser guider par les hallucinations mais par sa conscience.

  • Comment gérer l’anxiété.

Pour ma part, en prenant bien mon traitement anxiolytique. Quand le traitement est pris, cela fait baisser l’anxiété et permet donc de travailler dessus de manière consciente. En ce qui me concerne, je crois que la meilleure façon de lutter contre les angoisses, c’est de les affronter patiemment et sur le long terme, elles ont tendance à naturellement diminuer.

  • Comment se reposer, se calmer, dormir.

Toujours bien prendre son traitement, cela aura pour conséquence d’améliorer le sommeil. Je crois que quand on est malade, il faut aussi savoir se ménager des moments de repos pour faire le point sur soi, ne pas avoir peur de se regarder en face tout en essayant d’être « cool » avec soi. Il faut savoir ne pas trop forcer ni se forcer pour faire des choses. Ne pas se comparer aux autres.. En un mot comme en cent : avoir une bonne philosophie de vie.

  • Prier, méditer.

Importance de la spiritualité dans une perspective de réappropriation de soi. Ce champ de réflexion peut donner des pistes pour aller mieux. Le simple fait de trouver de donner un sens à sa souffrance et aussi de se dire qu’on est pas tout seul pour l’affronter…

  • Diète sensorielle.

On peut entendre par ce terme de diète sensorielle, le simple fait de ne pas interpréter ce qu’on voit, ce qu’on ressent. Je conseille à ce sujet le film  » un homme d’exception » traitant de la vie de John Nash où ce dernier choisi de manière consciente de ne pas nourrir ses « illusions » créées par la maladie (les 3 personnages de son imaginaire). Plutôt de lutter contre eux, il accepte qu’ils sont là mais choisi de ne plus leur parler. Faire comme si ces hallucinations n’existaient tout simplement pas, ce qui est le cas d’ailleurs car il est le seul à  pouvoir les voir.

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