Étiquettes

, , , ,

Je suis en maladie depuis maintenant 7 ans .. Comme toute personne en situation de handicap, je me suis posé beaucoup de questions quand à mon devenir et notamment dans le domaine de ma vie amoureuse. Avant, quand j’étais en santé, j’étais obsédé par mes études et mon devenir professionnel ce qui a fait que j’ai manqué quelques occasions de trouver l’amour. De ce fait, j’ai bien souvent regretté de ne pas avoir assez profité de la vie et notamment des possibilités qu’elle offre. Je crois maintenant qu’il ne faut jamais oublier la chance que nous avons d’être en santé, on ne s’en rend réellement compte que quand on la perd hélas. Ce fut mon cas.

Quand on souffre de psychose et quand on voit la chute existentielle que cela représente à tout niveau de la vie, on peut se rendre compte combien il peut être difficile et en même temps précieux d’aimer. Pendant plusieurs années en maladie, je me disais que tout était foutu pour moi … que je ne retrouverai plus jamais une vie normale : je ne pourrais pus jamais travailler, faire des rencontres, en un mot comme en cent : vivre comme tout le monde. Cela a entraîné chez moi comme une paralysie, je n’osais plus rien faire, j’avais perdu confiance en moi et en ma possibilité d’être avec quelqu’un et d’aimer à nouveau. Je crois aujourd’hui que j’avais fondé ma vie sur le travail et la réussite, de ce fait je ne pouvais concevoir l’amour que dans cette perspective là. En ce sens, le fait d’être privé de cette capacité de travailler, de faire comme tout le monde en somme, m’a fait abandonner la possibilité d’être avec quelqu’un. J’avais donc fait une croix sur ma vie sentimentale de ce fait là. Comme je m’identifiais au travail, à la réussite personnelle je ne pouvais concevoir d’amour que dans ce cadre. Avant de tomber malade, je me disais : tu vas réussir tes études pour réussir ta vie professionnelle ce qui te permettra de trouver ensuite quelqu’un lorsque le moment sera venu.

Force est de constater que ce « plan » s’est écroulé de part la maladie. Néanmoins, et là quand j’étais en maladie en bon pragmatique que je suis devenu, je me suis dit : prend soin de toi et arrivera ce qu’il arrivera … Je le pensais mais je n’y croyais pas vraiment tant j’avais perdu confiance en moi, tant j’étais devenu fragile du fait de la maladie. Néanmoins, avec le temps, les traitements, le suivi en psychiatrie etc … ont fait que j’ai vraiment commencé à me sentir mieux et sinon à me remettre complètement du moins à être clairement bien stabilisé.

C’est alors que je commençais à bien reprendre confiance en moi que j’ai fait la rencontre de ma copine. Cela fait maintenant près de 2 ans que je suis avec elle. C’est grâce à elle que j’ai pu me laisser aller à me sentir aimé par quelqu’un au-delà de la maladie dont je souffre. Grâce à elle, j’ai pu reprendre confiance en moi, j’avais négligé le fait que bien souvent des « bonnes surprises » existent aussi dans la vie. J’ai aussi revu ma façon de voir les choses dans le sens de savoir profiter de l’instant présent et pas de me projeter continuellement dans la course à l’avenir et à la réussite. C’est elle qui m’a fait comprendre ça.

OUI on peut souffrir d’une psychose, aimer quelqu’un et être aimer en retour. Ceci dit, je crois qu’il faut aussi accepter la part de risques que toute relation sentimentale génère. En ce sens, il faut avant tout bien prendre soin de soi quand on est malade et ne pas se laisser aller au désespoir que tout serait fini, qu’il n’y a plus rien à attendre de la vie. TOUT EST POSSIBLE dans la vie même l’improbable. Il faut persévérer et ne jamais perdre espoir.

L’amour est une ouverture à la vie et même si on souffre de psychose, rien ne peut nous enlever cette étincelle qui réside dans le creux de notre être. NOUS SOMMES ET NOUS RESTONS « AIMABLES » quoiqu’il puisse arriver. C’est un message d’espoir que je veux partager.

Publicités