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On voit régulièrement depuis quelques années des faits divers liés à des malades mentaux notamment des schizophrènes. Il s’agit la plupart du temps de personnes n’ayant pas de traitement adapté ou ne prenant tout simplement aucune médication ni n’ayant aucun suivi en psychiatrie. Etant en phase aigüe ou ‘”active” de leur pathologie, ils ne sont que la face immergée de l’iceberg de la maladie mentale. On en voit souvent également dans des émissions à sensations des malades dangereux apparaitre à l’écran de nos télévisions.

Cela donne donc à la plupart des gens l’idée que les malades mentaux sont tous dangereux. Il n’en n’est rien. En effet, la réalité des malades mentaux est faite le + souvent de rejet, de stigmatisation étant le reflet d’une société qui n’accepte plus la différence et notamment celle là. Aujourd’hui, la convenance fait qu’il faut être dans la norme sociale pour pouvoir s’insérer au mieux dans le travail et la vie au sens large. Ce à quoi la plupart des malades en psychiatrie n’ont pour la plupart pas accès ou difficilement.

Depuis bientôt deux décennies, les places de lits en psychiatrie fondent comme neige au soleil, les services de prise en charge ne permettent plus de garantir des soins de qualités et un suivi dans la durée des malades mentaux et de leur famille. La politique de criminalisation qui est menée aujourd’hui ne permet pas à mon sens de répondre aux besoins sanitaires et sociaux dont tout citoyen à besoin dans le domaine de la santé mentale. En effet, on ne peut pas d’un côté enlever des moyens aux services de santé mentale et leur demander ensuite de traiter les conséquences de fait divers provoqués ces politiques d’assèchement de la psychiatrie française.

Donc, est venu le temps de faire du sensationnel et de l’effet d’annonce,… on veut ainsi criminaliser la maladie mentale en faisant peser sur les individus malades le poids des errements des politiques sanitaires et sociales concernant la prise en charge des malades mentaux. Ces derniers, les chiffres le prouvent ne sont PAS + dangereux que les personnes dites “normales”.

Alors pourquoi ?

Je tiens à le rappeler ici, les malades souffrant de psychose ou de schizophrénie sont comme les diabétiques, on peut arriver à neutraliser les effets de leur pathologie par les médicaments et un bon suivi . Cette donne ne peut en aucun cas être oubliée si l’on veut arriver à ce qu’il n’y ait plus de drames comme ceux que les médias agitent régulièrement pour justifier une réponse politique inadéquate. La réponse politique actuelle manque ainsi cruellement d’humanisme et relève d’une forte méconnaissance des problématiques inhérentes à la santé mentale au sens large.

Personnellement, j’ai eu la chance d’avoir une bonne médication et également d’avoir un bon suivi psychothérapeutique, ce qui fait que je ne présente bien évidemment aucun signe de dangerosité. J’ai été très choqué par les propos de l’actuel chef de l’Etat qui affirmait stupidement que tous les malades mentaux étaient potentiellement dangereux.

J’ai dans ma vie personnelle été blessé par les conséquences de ces propos scandaleux et je tiens fortement à dire que les personnes les + souvent dangereuses sont les gens dits “normaux”. Par exemple, près de 98.5 % des crimes sont le fait de gens sans passé psychiatrique. Tout cela donne à réfléchir.

Tant que la question des moyens allouées à la psychiatrie moderne ne sera pas réglée et que les personnes en situation de souffrance psychique majeure n’auront pas de quoi vivre dignement, on ne pourra pas faire l’économie de tels drames. Il ne faut pas s’en étonner, il faut être lucide et avoir du discernement.

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