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Au début de ma maladie, j’ai été quasiment banni de mon cercle relationnel de la faculté où j’étudiais, du fait de mon hospitalisation en psychiatrie et de motifs qui m’échappent. Même si je suis conscient que le maladie psy fait peur, je ne pouvais pas imaginer que mes camarades de promotion m’oublieraient comme ça du jour au lendemain. Cela a contribué à ce que je vive un épisode dit abandonnique, où je croyais que même ma famille allait m’abandonner à mon sort. Heureusement, ce ne fut pas le cas. Je dois avouer que sans le concours de celle-ci, je n’aurais pas pu réussir à m’en sortir comme je l’ai fait.

Naturellement, ce fut un choc pour mes parents de connaitre le diagnostic qui fut le mien : trouble psychotique. Bien heureusement (si je puis dire), ce ne fut pas la schizophrénie qui me fut diagnostiquée. Heureusement aussi que je me suis vite rendu compte que j’avais déliré et non pas que je sois tombé dans un délire psychotique permanent.

Même si mes parents ne sont pas rendus compte de suite que j’étais réellement handicapé du fait de la maladie, ils m’ont soutenu et sont venus quasiment tous les jours me voir à l’hôpital ce qui me fut bénéfique. J’aimerais souligner le fait que le déni de la maladie n’est pas parfois le fait du malade lui même mais aussi de son entourage. Cela a pour conséquence néfaste à ce que les personnes proches ont tendance à croire que ça passera vite et que la possibilité de travailler au bout du compte sera préservée pour le malade. C’est rarement le cas. Le problème, c’est la pression à la reprise d’activité de la famille ou des amis envers la personne en souffrance. Fort heureusement, dans mon cas, cette pression ne fut que modérée au départ, ce qui m’a permis d’aller de l’avant sans avoir trop de tensions sur les épaules de la part de mes proches. Malheureusement, je sais que ce n’est pas ainsi pour certaines familles qui ne comprennent pas que quelqu’un sans problème physique apparent ne puisse pas travailler ou entreprendre des choses et qu’il faut laisser du temps au temps pour que la situation s’améliore pour le malade en souffrance psychique.

Je suis conscient que ce genre de maladie soit un choc pour la famille et qu’il faut savoir préserver l’intégrité de la cellule familiale mais pas au prix du reniement d’un de ses membres. IL faut aussi savoir préserver la fratrie qui souffre également de la situation. Il y a là tout un travail à faire sur soi pour que la famille n’explose pas. A titre personnel, je conseille fortement à une famille dont un de ses membres est touché par la maladie psy de prendre le maximum d’informations sur ce type de pathologies pour avoir les bons réflexes de soins pour le malade en souffrance et pour le salut de la famille elle même, ce qui veut dire :

  • Contacts avec l’équipe de soins (médecin, équipe soignante)
  • Si possible avec des groupes de paroles de l’UNAFAM (il existe par exemple la formation PROSPECT consultable sur le site internet de cette association qui donne des outils aux parents pour mieux appréhender le handicap psychique d’un proche. Par ailleurs ce type d’association a aussi pour but de rompre l’isolement des familles confrontées à la maladie d’un proche.
  • Informations sur les droits sociaux dont peuvent bénéficier les personnes en situation de handicap psychique.
  • En + du soutien de l’institution médicale, et si la personne est suffisamment stabilisée, il existe des Groupes d’Entraide Mutuelle (GEM) qui viennent en aide aux malades par le biais d’activités sociales visant à briser leur isolement et à les réinsérer lorsque la perspective d’un travail n’est pas encore acquise.
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