Étiquettes

, , ,

Avec le recul des années, je peux dire maintenant et à la vue encourageante de mon état de santé que la philosophie m’a beaucoup aidé à m’en sortir. Traditionnellement, on peut se dire que cette discipline ne sert à rien et n’a pas beaucoup d’intérêt. Je m’élève contre cette affirmation. En effet, et bien que les médicaments m’ont également énormément aidé à me sortir de la maladie, ils ne suffisent pas à eux seuls pour construire une vie sereine, apaisée et qui tend vers le bonheur.

En ce sens, j’ai pu constater que bien des concepts dont j’ai pu hériter pendant mes recherches philosophiques avant maladie m’ont beaucoup apporté pendant. En effet, il ne suffit pas de prendre son traitement médicamenteux pour se sortir d’un mal être, aucun médicament ne peut suffire à lui seul pour créer les conditions d’un bonheur prolongé. C’est aussi une réelle richesse que d’avoir pu connaitre cette discipline de vie qui fait aujourd’hui que je me porte bien. Je suis reconnaissant envers les auteurs que j’ai pu approcher au travers de mes lectures pour m’avoir donné tant de points de repères sur moi-même, les autres et le monde dans lequel je vis. Monde complexe si l’en est et qui l’a toujours été quelque que ce soit l’époque de vie dans laquelle on se situe. Pouvoir penser librement est certes un droit constitutionnel que la démocratie nous apporte, c’est aussi un devoir personnel, voir dans mon cas, une nécessité pour vaincre les “démons” auxquels j’ai pu être confronté dans ma vie.

La question de la dépression et/ou des maladies mentales renvoie immanquablement au bonheur dans cette vie et interroge la personne sur les points qui l’en éloigne. La recherche du bonheur et les obstacles qui empêchent sa venue amène naturellement vers la philosophie. Pour peu que l’on soit de bonne volonté, on s’aperçoit vite que les concepts de la discipline ont aussi un sens “émotionnel” dans la mesure où ils peuvent aussi aller jusqu’à prendre racine dans l’individu qui s’en imprègne. C’est parfois par l’étude que l’on acquiert une base personnelle qui permet ensuite une pratique satisfaisante pour en voir enfin les fruits. Ces fruits.. je sens aujourd’hui que je les recueille sans même m’en apercevoir au quotidien. Je suis, sans être guéri, réellement serein devant l’adversité qui peut encore advenir dans ma vie.

En ce sens, et grâce à ce que j’ai pu connaitre de la philosophie, je n’ai plus peur pour moi-même. Je suis même reconnaissant pour mon sort. Bien que cela puisse paraitre étrange pour une psychotique, je suis en paix avec moi-même.

Grâce à mes connaissances, j’ai pu au fil des mois et années aller vers un mieux être que je ne croyais pas possible. Grâce notamment aux concepts bouddhiques de la vacuité fondamentale des phénomènes, de l’interdépendance, de la non-saisie conceptuelle et de l’impermanence.

Grâce aux concepts hérités du christianisme et de la philosophie occidentale : pour le stoïcisme, les paraboles de Jésus, le point de vue chrétien sur la souffrance..

Ce ne sont pas des concepts morts ou vides de sens que l’on manipule à tour de livres, ce sont de véritables trésors de sagesse que chacun de nous peut apprivoiser pour aller vers le bonheur. Le bonheur dans la vérité. Le bonheur bien que simple et à portée a ses propres exigences qu’il convient d’intégrer dans un cadre moral pour soi, par soi. Morale ne veut pas dire Tu dois mais Je dois. Ceci est la quintessence de la philosophie morale qui nous amène vers un bonheur simple, profond et durable.

Publicités