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Depuis peu, ma copine me demande de vivre ensemble. j’avoue que j’appréhende ce passage vers la vie de couple vu que ma maladie me contraint à beaucoup de calme et de repos. En ce sens, vivre à 2 ne me permettrait plus de profiter de ces moments que j’affectionne pour être seul avec moi-même.

Par ailleurs, d’autres contraintes extérieures à la maladie me font craindre pour ce projet auquel pourtant j’adhère. C’est le fait que l’AAH et les allocations logements qui me sont dévolues chaque mois devraient baisser substantiellement si je fais le choix de vivre à 2. J’avoue que ça me met en colère sur le principe. En effet, je n’ai pas choisi de ne pas travailler, ça m’est imposé par ma maladie et du handicap qu’elle entraine au quotidien. Je regrette fortement que les personnes en situation de handicap ne puissent pas vivre à 2 dans de bonnes conditions et soient réduits par ces calculs d’Etat mesquins à l’isolement… En effet, il n’y a pas que la maladie psy en elle-même qui tend à isoler, il y a aussi les conséquences des politiques publiques menées dans le domaine du handicap.

J’avais assisté, il y a maintenant un moment dans ma région à une conférence sur le handicap menée par le Parti Socialiste. Y a été évoquée cette question de la non-prise en compte des revenus du conjoint dans l’octroi de l’AAH. Celle-ci recevait un accueil favorable des intervenants ce soir là. Je crois qu’il faut, et surtout maintenant que la gauche est revenue au pouvoir que des politiques humanistes viennent compenser effectivement les handicaps et ne soient plus simplement le reflet de mesures compassionnelles destinées à laisser un reste à vivre à ces personnes dont je suis. Il est donc temps de passer des paroles aux actes !…

Je n’ai pas demandé à être malade et la société compense bien des choses moins essentielles notamment par des mesures type niches fiscales ou sociales. Il serait temps que les hommes et femmes politiques s’intéressent non plus seulement aux banques et aux riches qui soit disant créent des richesses pour les autres mais aussi et surtout à la qualité de vie des plus fragiles dans notre société. La qualité et le niveau d’une civilisation se mesure aussi à cela : tout simplement en améliorant les conditions d’existences de la population et spécialement de ses maillons humains les + faibles. Ce devrait être l’ère des droits et des devoirs. Au lieu de ça, c’est le monde des rapports de force et de la loi des marchés.

Je n’ai pas le sentiment de demander beaucoup, seulement la possibilité de vivre la vie la + normale possible. C’est pour cette raison que je demande simplement la non-indexation des revenus du conjoint dans le calcul du montant de l’AAH. Ceci afin de ne plus être un citoyen de seconde zone, car étant aculé à être aux crochets de ma copine qui elle de son côté serait contrainte de ne pas trop gagner dans son boulot. Je ne veux pas qu’elle doive se sacrifier pour moi, ni moi pour elle, alors même que j’ai besoin de sa présence dans ma vie. Quoi de plus normal que de pouvoir vivre dignement avec son conjoint ?

Voilà, c’est l’appel que je souhaite lancer à travers de blog.

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