Mots-clefs

, , , , ,

Ces derniers mois, et ce, depuis que j’ai dû changer de psychiatre, mon traitement a fondu comme neige au soleil si je puis dire. Cela n’a pas eu de conséquences fâcheuses bien au contraire. Depuis que j’ai moins de médicaments, je rêve énormément la nuit.. souvent des mêmes choses qui évoquent des souvenirs du passé. Pas de personnes que j’ai pu rencontrer mais de situations que j’ai vécu.

Je crois que mon esprit,.. que j’ai dans le cœur et l’esprit un grand sentiment d’injustice du fait de la maladie que j’ai dû affronter. Bien que mon esprit conscient ait accepté la situation, je crois que mon inconscient travaille beaucoup depuis quelques temps. Ce n’est pas + mal. Il y a, à mon sens dans l’esprit humain énormément de capacités de rebonds et de profondeur. C’est ce que j’expérimente à nouveau grâce à la baisse notable du traitement. Je précise que c’est mon médecin qui a fait ce choix et non pas moi, je déconseille à quiquonque souffrant de psychose d’arrêter, de baisser de traitement sans l’accord du médecin…

A mon sens, les médicaments font certes barrage à la maladie et l’empêche de prendre le dessus sur le patient mais tendent parfois à le mettre en veilleuse. C’est ce que je peux remarquer, il y a effectivement un effet filtre du traitement médicamenteux qui bloque dirons nous l’imaginaire, l’inconscient de la personne afin que cette dernière ne soit pas submerger parce qu’elle voit, qu’elle ne puisse plus délirer dessus. C’est donc une bonne chose car cela évite les risques de rechutes psychotiques. Néanmoins, là où je puis + critique, c’est que le traitement si il n’est pas adapté à la situation de la personne va l’empêcher de trouver en elle les “ressources naturelles” de son esprit à gérer le trop plein de pensées, de l’imaginaire et du rêve. Comme je le spécifiais dans d’autres articles de ce blog, il ne faut jamais pour un psychotique où même quelqu’un de non-malade, interpréter de trop ce qu’il y a dans l’esprit. Ce dernier a certes à sa disposition beaucoup de ressources cachées et de trésors à découvrir mais il ne faut pas oublier qu’il est insaisissable et volatile par nature. Il m’apparait nécessaire de bien faire la part des choses entre ce que je perçois et le tri de ces informations que je fais dans ma tête.

A cette fin, je crois qu’il faut savoir lâcher prise sur ses émotions, son ressenti, savoir que c’est là et ne pas dire si c’est bien ou mal. C’est un jugement qui par essence ne nous appartient pas. En tant qu’homme, nous sommes bornés à avoir une morale tirée d’une expérience et d’une réflexion personnelle pour nous guider dans nos choix. Il ne faut pas interpréter comme je disais, cela revient à dire qu’il ne faut pas s’enfermer dans un jugement sur des choses qui nous échappent, et notre esprit nous échappe. Nous ne faisons que participer à un tout qui nous dépasse, nous en faisons partie mais nous n’en sommes jamais les maitres absolus.

L’homme n’est pas la mesure de toute chose.

PS : Le rêve cartésien de faire de l’homme le maitre et possesseur de la nature n’est en fait qu’une tentative de remplacer la vision médiévale du monde selon laquelle Dieu est le centre de tout. La suite de l’histoire, c’est qu’avec les siècles passant, l’homme a eu pour prétention de vouloir se poser en maitre partout. C’est une erreur fondamentale de la philosophie que de croire que l’homme est tout puissant…

Pourquoi cette digression cher lecteur ?

Tout simplement pour montrer que l’être humain avec son génie n’est même pas le maitre dans son esprit. Sa force est dans la faiblesse, celle de comprendre qu’il n’est pas le centre de l’univers qui l’entoure et dont il ne cesse jamais de faire partie. Il ne règne même pas sur son esprit.. Comment pourrait-il régner sur le monde ?

Voilà, je le crois le témoignage si gênant de la folie ordinaire. Voilà aussi pourquoi à mon sens il y a tant de stigmatisations autour de la maladie mentale.

Publicités