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J’ai envoyé ce jour des lettres à tous les députés de mon département, à l’UNAFAM et à la FNAPSY ainsi qu’à la ministre des affaires sociales et de la santé, Marisol Touraine. Cette lettre intervient dans le débat concernant le mariage “dit” pour tous, et la conférence contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale du 10 et 11 décembre prochain. Ci- joint le contenu de ces lettres.

A l’attention de : Marisol Touraine

Madame La Ministre,

Le gouvernement va présenter le projet de loi relatif au mariage « dit » pour tous, qui n’est autre que de donner aux seuls couples homosexuels la possibilité d’accéder aux droits liés à l’union maritale. Je tiens ici à en dénoncer l’hypocrisie.

Non pas que je reproche à la loi de permettre l’union de personnes homosexuelles, mais je tiens à remettre en cause la notion même de mariage pour tous, et même l’idée simple de vie commune pour les personnes en situation de handicap touchant l’AAH et dont l’accès à cette seule vie commune relève de l’impossibilité juridique et donc administrative de fait.

Le mariage ou la vie commune pour tous n’existera pas même si cette loi est votée et appliquée. En effet, les personnes en situation de handicap touchant l’AAH et étant dans l’impossibilité de travailler du fait de leur état de santé ne peuvent elles non plus prétendre à la vie de couple.

Cette situation tient au fait que les ressources du conjoint sont prises en compte dans le calcul de l’AAH ce qui, revient à priver les personnes en situation de handicap de la possibilité de vivre en couple et de se marier. Cela rend admistrativement impossible pour ces citoyens d’avoir une vie sociale et maritale à part entière, du fait de calculs mesquins que l’Etat applique dans ces situations de vie. Actuellement, le conjoint handicapé, dans ces conditions, ne peut vivre qu’en dépendance de l’autre.

Il m’avait semblé que le candidat François Hollande, lors de sa campagne en vue de la présidence de la république avait fait la promesse selon laquelle chaque loi aurait son volet handicap. Je demande donc légitimement et vu l’état actuel des choses que les bénéficiaires de l’AAH ne voient plus leurs ressources diminuées lors de l’existence d’une vie commune et à l’occasion du mariage.

Cette allocation est destinée à un public largement en difficultés du fait de ses problèmes de santé, il ne faut donc pas que le handicap entraine en plus des situations d’exclusion sociale et de pauvreté dont on ne peut sortir. Au contraire, la législation devrait permettre de compenser ces problématiques. Je ne demande donc pas davantage d’AAH mais que celle-ci puisse permettre une vie commune par la non-prise en compte des ressources du conjoint dans ses modalités de calculs et d’attribution.

C’est avec espoir que je vous adresse, madame la Ministre, l’expression de ma haute considération.

A l’attention de : UNAFAM / FNAPSY

Madame, Monsieur,

Vous trouverez ci-joint une copie de la lettre que j’ai adressé à tous les députés de mon département ainsi qu’à la ministre des affaires sociales et de la santé, Marisol Touraine. J’ai souhaité les interpeler à l’occasion de la présentation du projet de Loi relatif au mariage « dit » pour tous afin de les sensibiliser à la situation des personnes handicapées.

Nous sommes à seulement quelques jours de la conférence nationale de lutte contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale. Je souhaite vivement que vous entrepreniez des actions auprès des pouvoirs publics afin de leur faire prendre conscience des conditions absurdes de calcul de l’AAH, qui excluent de fait les personnes en situation de handicap de la possibilité de vivre en couple.

Ne trouvez-vous pas révoltant que l’on soit malade, et qu’en plus nous devions être pauvres et exclus ? C’est la situation actuelle. Il n’est pas en notre pouvoir d’abolir la maladie mentale et la souffrance, il est en revanche parfaitement possible de lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale dont sont hélas trop souvent victimes les personnes en situation de handicap, et plus particulièrement les malades mentaux.

Il s’agit donc bien de retrouver une volonté politique d’affronter ces problématiques, et c’est dans cette optique que je vous sollicite afin que ces questions soient évoquées lors de la discussion parlementaire concernant la Loi dite du mariage pour tous mais aussi à l’occasion de la conférence nationale de lutte contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale.

Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes pensées les meilleures.

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