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La liberté, c’est la contrainte librement acceptée. Bien que cette définition de la liberté puisse paraitre paradoxale à première vue, elle me semble pertinente au sens où ce n’est pas être libre que de pouvoir faire ce qu’on veut.. Je donne un exemple qui parle de lui-même :

Je prends pas mon traitement parce que je fais ce que je veux..

  • Résultat :  Rechute..
  • Conséquence : Délire et hallucinations..
  • Résultat :  Hospitalisation. Et ce n’est pas être libre que d’être à l’hôpital par nature avec des horaires, la promiscuité etc..

Donc avec une contrainte consentie minime (prendre son traitement), j’évite une contrainte majeure (aller à l’hôpital).

Dans cet exemple, on peut constater que la responsabilité individuelle (dans l’exemple : prendre son traitement) est très liée à la liberté. Au sens large, c’est avec une morale (contrainte minime) que l’on peut aller vers une liberté plus complète. On peut donc voir que la liberté doit être éduquée pour être effective : ici dans l’exemple.. Quand on a compris le sens de prendre son traitement que l’on ACCEPTE de le prendre ce qui est une contrainte par nature, que l’on s’affranchit.

La liberté réelle au sens de l’ouverture du champ des possibles est donc bien le résultat d’un savoir ou plutôt serais-je tenté de dire d’une sagesse de l’existence. Que dois-je faire ? C’est donc dans la limite que le concept de liberté prend son sens. Certes, notre univers dans son essence est le reflet de la loi de cause à effet, et de ce fait nous sommes donc potentiellement tous déterminés dans nos actes autant que dans nos croyances. Mails il existe une possibilité de s’émanciper de cette donne déterministe.

D’un point de vue psychologique – et l’intérieur prime toujours sur l’extérieur – la liberté réside à mon sens dans l’amour et le pardon. Certes, il y a toujours la loi de cause à effet qui agit mais au lieu d’être  cantonnée dans une boucle auto-centrée, celle-ci se dégage d’elle-même. Sans supprimer l’altérité, qui veut que ma liberté s’arrête là où commence celle de l’autre que le pardon tend à la sublimer.

En ce qui me concerne, j’ai longtemps réfléchi sur la question du déterminisme, cette conclusion selon laquelle le pardon libère n’est pas que la mienne naturellement. Elle prend racine dans la christianisme. Le pardon est émancipateur je le crois sincèrement. Cela demande bien entendu un effort sur soi pour tenter de dépasser un traumatisme acquis. Néanmoins, cet effort est toujours salutaire. On cite souvent l’expression “s’enfermer dans une souffrance”.. je crois que tout est là..

La maladie mentale de part sa nature si particulière tend au sujet le + mauvais piège pour la conscience, celui de devoir accepter la souffrance comme telle sans possibilité d’échappatoire. C’est une dure réalité de la psychose. Il faut en effet savoir de lâcher prise sur les émotions (savoir pleurer, rire, etc..), tout en ayant un certain contrôle sur celles-ci pour ne pas se laisser envahir. Idem pour la pensée. C’est en réalité très difficile et fort peu accessible mais.. c’est possible de se libérer de ce qui nous pèse au quotidien. C’est un choix de vie que d’accepter ou non la souffrance mais si on fait ce premier choix, c’est l’assurance d’un bonheur retrouvé sur le long terme.

Pourquoi est ce que je parlais de l’altérité ? Tout simplement pour affirmer que ce ne sont pas les autres quoiqu’ils fassent qui sont les responsables de notre souffrance morale mais en sont bien simplement seulement les révélateurs. On peut se laisser aller parfois à haïr mais la haine est un sentiment qui enferme par nature sur soi et le passé. A contrario, le pardon et l’amour nous libèrent de ce déterminisme qui voudrait que l’on s’enferme dans l’amertume et donc le mal-vivre. Personnellement, je tente chaque jour de pardonner aux autres et à moi-même des choses du passé. C’est, et je le crois la raison pour laquelle je me sens apaisé aujourd’hui.

Quand on ferme le poing on n’a que du vide, quand on l’ouvre, on possède le monde. C’est un peu le sens de mon propos.

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