Mots-clefs

, , , ,

En septembre 2010, je me suis rendu avec ma copine sur Quimper à une conférence sur les propositions du PS sur le handicap en vue de la constitution du projet socialiste pour l’élection présidentielle de 2012. Ce qui m’intéressait avant tout, c’était la question des ressources des personnes en situation de handicap (AAH : que je touche du fait de ma maladie) et qui se situent actuellement au-dessous du seuil de pauvreté.

Ceci dit, je suis tout à fait conscient qu’on ne peut pas raisonnablement demander à la solidarité nationale de tout compenser du fait des faibles marges de manœuvre dont l’Etat dispose actuellement du fait de la crise économique et d’un contexte international marqué par la globalisation financière et qui réduit encore plus les champs d’intervention des politiques sociales dans les pays occidentaux dont la France.

Cette parenthèse fermée, j’avais été globalement satisfait à l’époque des propositions du Parti Socialiste concernant la question des ressources, comme notamment le basculement d’une logique compassionnelle à celle plus efficace et plus juste humainement de la compensation du handicap. Celle-ci serait passée par une AAH à hauteur de 80 % du SMIC brut et aussi la non prise en compte des revenus du conjoint dans l’octroi de cette aide.

Par ailleurs, et comme je le disais plus haut, la question des faibles marges de manœuvre au niveau budgétaire de l’Etat m’avait déjà fait douter à l’époque de la faisabilité de telles propositions. Or la question du financement de telles mesures n’avait même pas été évoquée pendant la conférence, ce qui fait j’étais sorti de là vraiment dubitatif.

Affaire suivie puisque suite à la lettre que j’avais adressé au député de ma circonscription Gilbert Le Bris, j’ai reçu aujourd’hui au courrier la réponse de la ministre Marisol Touraine que voici :

Monsieur le Député,

Vous avez appelé mon attention sur la situation des personnes handicapées bénéficiaires de l’allocation aux adultes handicapés.

L’allocation aux adultes Handicapés (AAH) est une prestation d’aide sociale, constituant un minimum de ressources pour les personnes reconnues handicapées par la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées.

Le paiement de l’AAH est soumis au respect de conditions administratives relatives à la résidence, la nationalité, l’âge du demandeur et aux ressources examinées par la caisse d’allocations familiales en fonction de la règlementation en vigueur.

L’AAH peut se cumuler avec les ressources personnelles de l’intéressé et de son conjoint dans la limite d’un plafond variable selon la composition familiale (18 638.16 euros auquel il convient d’ajouter par enfant à charge 4 659.54 euros à ce jour). Elle peut selon la situation être versée à taux plein (776.59 euros) ou à titre différentiel en complément d’un autre type de revenus inférieur au montant à taux plein. Cette condition portant sur les revenus du foyer est de même nature que celles qui s’appliquent à toutes les prestations, dont l’objet est de compléter les ressources du ménage jusqu’à un certain niveau.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Député, l’expression de ma sincère considération.

Marisol Touraine.

Entre 2010 et maintenant, la réalité du pouvoir est passée par là, et le catalogue de bonnes intentions s’est cassé le nez devant les réalités de l’exercice du pouvoir.

En effet, en 2010, il était question de passer d’une logique compassionnelle concernant les politiques du handicap à une logique de compensation à l’image de ce qui se fait en Europe du nord, avec notamment l’indexation de l’AAH sur le SMIC. Or, comme l’a rappelé la ministre en charge de ces questions, l’AAH est une prestation d’aide sociale…

Ceci de fait, récuse l’idée qui était défendue en 2010 par le PS selon laquelle on passerait vers une logique de compensation pour les politiques liées aux handicaps. Cela impliquerait donc un revenu d’existence appelé comme tel visant à compenser les effets de la perte de revenus liés à l’absence de d’activité professionnelle du fait d’un handicap rencontré et reconnu.

Le PS au gouvernement renonce aussi à la non-prise en compte des revenus du conjoint dans le calcul de l’AAH puisque la ministre entérine de fait par sa réponse l’existence d’un plafond de ressources au-delà duquel la personne en situation de handicap va devoir être contrainte d’être aux crochets de son conjoint. Plafond de ressources ridiculement faible qui revient à vivre avec 2 AAH par foyer sans enfant. Vivez entre Handicapés !… Bravo pour l’insertion sociale au sein de la cité…

Ce que je dénonce avant tout, c’est le manque de cohérence de nos politiques actuels sur ces questions et aussi l’écart existant pour le PS entre les promesses et la réalité de leur exercice du pouvoir. Enfin, juste pour le dire… Seules les personnes en situation de handicap dans notre pays ne pourront pas vivre en couple et se marier, et ça… au-delà de la bien pensance de gauche est un pur scandale.

Même Sarkozy a fait + que François Hollande pour les personnes en situation de handicap…

Le changement, C’est pour quand ?

Publicités