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La maladie m’a paradoxalement appris à mieux gérer mes émotions et à ne pas me regarder uniquement que par le prisme de l’intellect. Elle m’a fait prendre conscience que l’être humain n’est pas uniquement un bloc de rationalité dépourvu de passions. Et, c’est d’ailleurs l’harmonie de ces 2 instances distanciées au sein de la psyché qui font que la personne est heureuse ou non selon moi.

Je crois fondamentalement que la raison humaine est d’abord émotionnelle. En effet, l’être humain à longueur de temps ne fait qu’extérioriser de manière rationnelle les affres de ses passions. C’est d’ailleurs pourquoi, et  selon les inclinaisons des uns ou des autres, certains tiendront pour vrai  des phénomènes et voudront donc prouver leurs convictions par le biais raisonnable, et bien souvent il faut le dire, de manière antagoniste et conflictuelle. C’est le cas, en espèce, de la question typique de la preuve de l’existence de Dieu. Certains diront que dieu existe parce que … d’autres affirmeront au contraire qu’il n’existe pas parce que … et je crois qu’au fond tout est là.. Les 2 auront raison, mais de leur point de vue uniquement… Ils ne feront que témoigner d’une opinion et non pas d’un fait puisque par nature et définition, la métaphysique est étrangère à l’inspection rationnelle et scientifique au sens du bon usage de la raison. Et c’est pourquoi je dis, que la raison humaine est à la fois émotionnelle et limitée par les fondements même de sa nature, en ce sens qu’elle se base toujours sur des postulats de connaissances invérifiables par essence que sont les émotions.

Demeure la vérité selon laquelle notre monde est incertain ou toujours en mouvement. De là découle la nécessité de ne pas s’accrocher à ce qui sont en somme simplement des points de vue sur le monde et pas des vérités absolues. Je crois qu’il faut savoir déconstruire certains repères mentaux pour mieux ensuite en créer d’autres sans cesse. On s’accroche à nos vérités futiles pour masquer notre profond désespoir et notre sentiment de vide et d’angoisse existentielle humaine.

Ce n’est qu’en affrontant ce fait que l’on pourra se libérer de nos carcans et déterminismes de toutes sortes qui font que nous ne sommes jamais réellement libres et complets que nous pourrons avancer en tant qu’hommes et femmes et plus largement en tant que civilisation. En apprenant à lâcher prise sur nos passions, en s’abandonnant soi-même et en rectifiant sa volonté personnelle, l’on pourra comprendre la réalité de ces choses immatérielles par l’expérience sensible directe du contenu de notre propre conscience. C’est en faisant cet unique chemin que l’on peut prétendre mesurer l’abysse qui nous sépare de la grande vérité de notre existence personnelle, là où la peur n’a justement pas prise.

C’est ici qu’il fait peur pas là bas. Pas dans cette immensité immesurable qui est au-delà (ou plutôt au travers) de nos pensées. D’ailleurs, je conseille au peu de lecteurs que j’ai, la lecture de l’œuvre de Krishnamurti pour comprendre ce dont j’essaye de parler : Ce qui Est.

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