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… Le traitement ne fait pas tout dans la rémission. A mon sens, et même dans le cas d’un trouble psychotique, les médicaments ne sont selon moi que 50 % de la solution.

Je m’explique :

Récemment, j’ai été voir une amie qui est bipolaire et qui ne va pas bien du tout depuis quelques temps déjà. En parlant plus avant avec elle, je me suis vite rendu compte qu’elle n’avait pas fait le deuil de sa vie d’avant la maladie, ce qui la fait souffrir beaucoup actuellement. Et c’est là que je me suis interrogé sur les raisons de mon bien-être prolongé, car cela fait maintenant + de 5 ans que je me porte bien, c’est à dire sans souffrance morale notable. Et c’est là que je me suis résolu à comprendre que le traitement n’est en fait qu’une simple béquille permettant aux malades de  se stabiliser, mais en aucun cas de traiter la cause profonde de leur mal-être qui lui se situe dans leur conscience d’être humain.

J’ai été bien souvent frappé par le fait que beaucoup de patients que j’ai pu côtoyer ne se remettent effectivement pas de ce genre d’affections psychologiques. Parfois, cela peut durer tout au long de la vie sans espoir d’avoir une réelle amélioration. Je le déplore profondément. Néanmoins, je crois que les personnes qui ont ce genre de souffrances doivent aussi réaliser qu’il leur appartient de faire également en + du traitement psy de faire un gros travail sur eux-mêmes. Et cela vaut aussi concernant les patients psychotiques. J’ai souffert de ce genre de pathologie moi aussi et j’ai pu comprendre cette problématique selon laquelle on ne se remet pas sans effort sur soi.

Cela demande beaucoup d’abnégation de pouvoir aussi se remettre en question dans l’optique d’aller réellement mieux un jour, d’avoir moins de traitement. Mon psychiatre m’avait dit au début de ma maladie que c’était possible de s’en remettre, constat auquel je souscris aujourd’hui voyant ma qualité de vie. Bien-sûr, je ne peux pas encore travailler normalement mais l’essentiel est que j’avance dans cette direction pas après pas.

Je regrette que les personnes souffrant de ce genre de maladie n’accèdent pas à cette prise de conscience que la seule manière de se remettre de son propre mal-être est d’apprendre à se connaitre soi. Je crois même davantage, je crois en effet que la connaissance de soi non seulement nous permet de lutter contre nos “démons” intérieurs mais aussi que cette conscience acquise par la maitrise de son propre esprit permet de tendre chaque jour un peu + vers un bonheur authentique.

IL faut savoir tenir les rennes de son propre esprit comme disait Bouddha ou être le capitaine de son âme comme disait Mandela. Je crois que c’est cela qu’il faut tendre à réaliser chaque jour davantage. La maladie mentale est une prison pour notre propre esprit, cela j’ai pu le constater mais comme toute les prisons, il y a une fin de peine pour bonne conduite si j’ose dire. Là, la bonne conduite selon moi est d’apprendre chaque jour à lâcher prise sur le passé, ne plus fantasmer sur l’avenir afin de profiter du présent de façon harmonieuse et surtout heureuse.

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