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A la fin du film un homme d’exception, Russel Crowe qui y incarne John Nash dit : “Il n’y a que dans les mystérieuses équations de l’amour que l’on peut trouver raison et logique”. En parlant de sa femme qui l’a aidé à surmonter sa schizophrénie il dit aussi : “Tu es ma raison d’être, tu es toutes mes raisons.”

Au-delà du film, je crois qu’il y a là une grande vérité qu’il ne faut pas négliger en dépit de sa profonde simplicité. Le liant naturel de l’être, son ciment, ce qui au fond nous lie d’abord à nous-mêmes, aux autres et enfin au monde, c’est l’Amour. On peut bien-sûr trouver ça démago ou trivial de croire ou penser cela, néanmoins, quand on approfondit la question en maladie, on s’aperçoit qu’effectivement, ce n’est qu’en se reliant à soi de la manière la + profonde et subtile que l’on peut espérer tendre vers un bonheur profond et durable même en maladie. Cela ne fait pas disparaitre immédiatement touts les obstacles ou autres difficultés de l’existence mais tend à nettement en atténuer l’impact sur le psychisme. Quand on y songe un peu attentivement, on s’aperçoit que rien n’est éternel dans notre univers, que tout passe et peut disparaitre. En tant qu’être humain, on est continuellement confronté au changement, à l’incertitude. De là l’impérieuse nécessité de savoir :  Qu’est ce qui ne peut pas se défaire ou varier avec le temps ?

Et bien, je crois que la réponse à cette question est l’Amour. J’ai en mémoire encore certains être chers disparus depuis bon nombre d’années, ils ne sont pas réellement morts pour moi, mais juste absents. Leur souvenir fait partie de moi et ne me quitte jamais. Du coup, je suis fondé à croire et penser que le seul lien réellement permanent que nous puissions avoir avec nous-mêmes, et qui donne effectivement du sens à notre existence au niveau global comme dans les plus quotidiennes des choses, c’est bien l’Amour.

Quand je parle de cet Amour, je ne pense pas au sentiment amoureux, cela ne se réduit pas ça uniquement. C’est dans un sens + large et global que j’en parle. Souvent, l’importance des choses et leur sens prennent racine dans ce lien + ou moins solide que nous avons à l’intérieur de nous. Le terme schizophrénie veut dire étymologiquement esprit fendu, et bien,  à ce titre, toute forme de maladie mentale et + largement les désordres psychiques que nous pouvons avoir, ont comme effet de couper le lien que nous entretenons d’abord avec nous-mêmes. Dans cette optique, l’amour est un remède formidable pour redonner un Sens, une direction, une portée ainsi que des repères intérieurs et extérieurs, c’est à dire au final la conscience de nos propres limites en tant qu’individu et donc notre réelle identité personnelle.

On peut réussir à percevoir cela et surtout à le réaliser, à condition de commencer par tourner notre regard en nous-mêmes. Ce n’est pas simple quand on est souffre d’une pathologie mentale de faire cette démarche, car cela nous confronte aux passifs que nous pouvons avoir envers ce que nous sommes. Souvent, l’on peut voir apparaitre des choses qui ne nous plaisent pas en nous, et que la plupart du temps, nous refusons d’assumer, de voir ce que nous fuyons dans les divertissements. Ceci dit, pour réellement commencer à évoluer, à avancer sans rechuter, il faut savoir se confronter à tout cela même si souvent je le répète, ce n’est pas aisé. Il faut aussi savoir lâcher prise sur soi, sur la volonté que nous pouvons avoir de vouloir contrôler les choses que nous avons en nous et au travers de celles-ci notre environnement extérieur. Ce n’est que dans ce lâcher prise sur cette volonté que nous pouvons libérer de la place pour voir apparaitre ensuite des bonnes choses que nous cachons aussi en nous émerger et l’éclosion de notre vrai potentiel de vie personnelle.

Souvent, c’est en se confrontant à soi, en ayant ce courage précis de savoir tourner enfin ce regard vers notre intériorité que nous pouvons en tant que personne et non plus simplement en tant que malade nous percevoir. Il faut avoir ce simple courage. Pour que le traitement médicamenteux baisse, il faut que notre esprit prenne le relais, cela suppose donc un travail sur soi. C’est dans ce sens que j’ai œuvré durant toutes ces années pour donner un sens nouveau à ma vie, c’est d’ailleurs pourquoi je me porte bien aujourd’hui au-delà des vicissitudes de mon existence.

Je suis heureux de pouvoir transmettre ce message une nouvelle fois : oui c’est possible de se sortir d’une maladie mentale et de donner ou de redonner un sens à sa vie. Cela s’adresse aussi aux bien-portants soit dit en passant, tant il est vrai que ce message du sens réel de l’amour qui est pourtant le cœur de toutes les grandes traditions spirituelles (religion veut dire relier en l’occurrence à dieu certes mais toujours à travers soi), est délaissé de nos jours.

N’ayons pas peur de regarder et nous finirons par voir et comprendre toute chose.

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