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Bien avant la maladie qui m’a frappé, j’ai eu la grande chance de connaitre le bouddhisme de manière approfondie. Que cela soit pour cette tradition spirituelle particulière, mais aussi envers certains auteurs comme Krishnamurti par exemple que je cite ça et là dans ce blog, je suis réellement reconnaissant d’avoir pu apprendre et comprendre ces philosophies de vie qui font qu’aujourd’hui que je me porte bien.

Pour ce qui est du bouddhisme, je retiens particulièrement Nagarjuna, qui au travers des concepts qu’il expose dans son “Traité du Milieu” notamment celui de la non-substantialité de la nature propre, m’a fait prendre conscience de la vacuité foncière des choses, de l’impermanence phénoménale, de l’interdépendance de la réalité.  Que c’est compliqué tout ça… en apparence seulement serais-je tenté de dire. Cela signifie que les choses n’existent qu’en relation et jamais de manière autonome c’est à dire sans cause. Tout est relatif disait Einstein  dans le même ordre d’idée. C’est pour cela que tous les phénomènes sont en émergences et en déclin continuels. Rien n’existe en Soi, de manière autonome dans la nature. Tout est lié, interconnecté et fait partie d’un même objet.

Si on applique authentiquement ce concept, on découvre quoi au quotidien ? C’est tellement loin de nous pourrait-on faire valoir. Je ne peux que dire non à ça. En matière psychologique, et en prolongement de mon dernier article, j’ai pris conscience que ces concepts ont un sens réel et pas simplement intellectuel. Ils permettent d’aider efficacement l’être humain dans sa recherche en lui donnant d’abord un corpus de pensée pour mieux comprendre la nature de nos émotions et de nos pensées qui en sont liées.

Une émotion prise dans cette optique, existe et n’existe pas, elle existe quand des causes et des conditions lui donnent vie et non pas sans cause. Le bouddhisme n’est pas un nihilisme. Il ne remet pas tout en question : quand une émotion nous tiraille au quotidien, on ne peut pas dire qu’elle n’existe pas, car elle est là.. Cette émotion vient car elle est elle-même déterminée par toute une série de facteurs qui la font éclore dans le psychisme. Le Bouddhisme a un grand raffinement, il perçoit les choses telles qu’elles sont, avec toute la complexité liée. Il ne s’agit donc pas de dire cette émotion existe EN ELLE-MEME, par ce que c’est impossible car liée à des causes mais est de fait RELATIVE. C’est ainsi qu’en la traversant, parfois en pleurant ou parfois en riant selon l’état émotionnel bien sûr, qu’on peut s’apercevoir qu’elle a cessé d’exister. Elle est donc impermanente comme toute chose dans la nature.

En ce sens, le bouddhisme dit vrai quand il pose ce postulat de non-substantialité de la nature propre.    C’est valable pour toute une série de choses dans la vie. En occident, ce qui se rapproche un peu de ce concept oriental, c’est celui de la déconstruction. On déconstruit un concept, un état émotionnel, on ne le fixe pas dans le mental. Il ne fait que passer en réalité à condition bien sûr de ne pas s’y accrocher et donc de savoir lâcher prise dessus. C’est cela le sens de mon propos. Ces concepts si complexes peuvent avoir un sens concret dans nos vies si on se donne la peine de creuser en soi-même.

Le bouddhisme n’a qu’une seule prétention, celle de soulager les hommes de leurs souffrances, c’est tout. Pas de fonder une nouvelle religion, d’ailleurs Bouddha l’a dit clairement que ce n’était pas là son objectif. Il ne souhaitait, à travers son enseignement que libérer les êtres de leurs errements et les amener vers un bonheur durable et donc fondé sur des bases solides. C’est ce à quoi je tend aujourd’hui.

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