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Certains s’imaginent que c’est parce qu’on se pose des questions spirituelles qu’on tombe dans ce genre de maladie. On voit des personnes dire et penser que c’en est même la cause en raison des “délires mystiques”. C’est un peu vrai. Vrai parce qu’il y a bien des préoccupations de type existentiel et métaphysique dans mon parcours. Au moins le simple  fait de me poser des questions quand j’étais plus jeune sur le sens de l’existence. Ce n’est néanmoins pas un mal en soi je pense, à condition que ce questionnement individuel soit encadré par des personnes ayant un plus grand recul que le jeune qui se les pose.

Ce ne fut pas mon cas, je n’ai hélas jamais pu rencontrer de gens susceptibles de m’aider concrètement sur mes questionnements. Comme on est dans une époque désertique sur le plan moral et spirituel, cela peut générer un manque de repère chez les jeunes ayant une + grande sensibilité à ce type d’interrogation. Néanmoins, ce ne fut pas la raison de l’éclosion d’une bulle psychotique chez moi qui a émergé sur d’autres causes et fut le résultat d’un mal-être à un moment donné venant du fait que je ne trouvais peut-être pas Ma réelle place dans la vie. C’est difficile à dire.

Quoiqu’il en soit, la spiritualité comme vous le savez si vous lisez ce blog occupe une place de choix dans ma vie actuelle, et le fait est que j’ai beaucoup + de recul aujourd’hui sur ces problématiques qu’il y a quelques années encore.

Je pense que la spiritualité est là avant tout pour aider de manière très concrète pour pouvoir se libérer du mal-être. Quand je regarde un peu en arrière, je suis étonné de voir à quel point j’ai pu progresser au niveau santé et je crois qu’il me reste encore une marge importante en terme d’évolution personnelle sur ce plan là. Le spirituel doit demeurer une arme pratique pour soi, toujours à visée personnelle et jamais vers les autres pour dire par exemple : tu dois penser, agir de telle façon. Il ne s’agit PAS de moralisme. Les “armes” de la spiritualité doivent nous aider à nous débarrasser du mal être personnel et donc nous rendre pleinement heureux. Je crois fondamentalement que le Bonheur est le but à atteindre. Pas besoin d’attendre une quelquonque après-vie, nous pouvons dès ici bas nous libérer de bien des souffrances qui nous la pourrisse la vie justement.

J’ai ainsi beaucoup de reconnaissance pour les penseurs dit “négatifs”. Il ne s’agit pas dans leur esprit de définir des concepts mais bien plutôt de les déconstruire. Par exemple, pour dieu, j’ai été impressionné par une vidéo You Tube sur la théologie négative… Il s’agit là de définir Dieu non pas en fonction de ce qu’il est mais en fonction de ce qu’il n’est pas au contraire.

Krishnamurti est aussi un penseur négatif, il disait que l’ amour – ce qui est – ne peut que se définir par ce qu’il n’est pas : n’est pas la peur, ni la jalousie, ni l’envie etc. Bouddha était également un “philosophe” négatif jusqu’au point où on l’a taxé de nihiliste ce qui est inexact pour moi. C’est bien mal connaitre ce qu’il dit.

Ces penseurs, vous l’aurez compris ne sont pas à percevoir sur le plan de la négativité, négatif ici s’oppose aux courants de pensée positifs au sens d’Auguste Comte. C’est à dire la méthode scientifique pure qui vise à définir, encadrer, etc.. Là au contraire il s’agit de définir par ce que ce n’est pas et donc pas parce que c’est.

Cela peut paraitre compliqué mais moi ça m’a beaucoup aidé à analyser mon mal-être liée à ma maladie. La pensée négative, permet de faire l’expérience profonde de soi justement parce qu’elle ouvre des perspectives d’un point de vue psychologique en ne fixant pas au départ de solutions pré-établies, extérieures au sujet et clés en main. C’est à soi de faire sa propre expérience.

C’est, je le crois en sachant se dépouiller de l’accessoire dans sa propre vie que l’on peut atteindre l’essentiel. Cela n’empêche pas la rigueur intellectuelle, d’ailleurs la science elle-même prospère sur ses erreurs, c’est la même chose sur le terrain spirituel. On peut en effet avoir une rigueur toute scientifique justement afin de ne pas se fixer de certitudes qui empêchent de cheminer vers le Vrai c’est à dire en fin de compte sur la nature du réel.

C’est vrai que la maladie psy éloigne de ce réel au moins un moment, tout le travail de l’esprit sera d’y re-parvenir afin de se libérer de la souffrance psychique.

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