Je me rends compte que j’ai depuis longtemps déjà un désir de protection envers les autres. Je crois que cela reste une bonne chose quoiqu’il en soit. Néanmoins, je suis maintenant amené à considérer cela, dans mon cas, comme une fragilité devant laquelle je me dois d’agir. J’ai acquis de précieuses connaissances de vie qui viennent de mes expériences passées et qui je pense m’ont beaucoup aidé à avancer dans ma vie et ce, malgré toutes les difficultés face auxquelles j’ai été confronté. J’ai ainsi beaucoup de reconnaissance envers les traditions spirituelles et philosophiques desquelles je dois ma stabilité personnelle. Quand j’étais ado, j’ai longtemps tâtonné pour me construire des repères moraux, seules garanties face à l’adversité qui peut advenir sans crier gare dans toute vie humaine. C’est chose faite depuis évidemment, et je n’ai –en réalité- fait que les approfondir au fil des ans et malgré mes problèmes de santé. Ce sont ces mêmes repères dans ma tête qui font que je ne souffre pas inutilement.

Pourquoi dis-je que ce désir de protection envers autrui peut aussi s’avérer un non-sens dans ce cas ?

Tout simplement parce que la limite de cela, c’est que l’on ne peut pas protéger les gens d’eux-mêmes et encore moins contre eux-mêmes. Je commence à comprendre qu’il faut faire davantage confiance dans le bon sens et l’intelligence d’autrui. Cela ne veut pas dire que je considère les autres comme des imbéciles évidemment, mais je sais aussi dans le même temps qu’il faut que je m’autorise à lâcher prise pour moi-même sur ce besoin de protection qui s’avère en fait un obstacle + ou moins important à mon épanouissement propre. Même si cela part d’un bon sentiment, et que parfois c’est nécessaire quand on ne peut pas partager de manière constructive et sereine dans une relation, cela peut être une entrave à la fois. J’ai en même temps conscience que cela ne permet pas à autrui de se forger sa propre expérience et si besoin être là (ou pas d’ailleurs) au cas où cela tournerai mal pour la personne. C’est dans ce lâcher-prise que je me dois de m’inscrire désormais, qui est en fait d’envisager “l’abandon d’autrui” face à leur propre conscience et donc devant la conséquence de leurs actes plutôt que de tenter de les protéger de cela en amont.

Bien sûr, si je consent à ça, c’est pour davantage pouvoir me protéger moi-même et donc avancer sur mon chemin de manière + apaisé, car je constate qu’à trop penser aux autres, on peut aussi se négliger soi-même et donc, face à des mauvaises personnes être mis en difficulté. Je crois que je dois me méfier de ma propre empathie, du moins la faire grandir en intelligence. C’est à cela que je vise désormais.

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