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C’est un film que j’ai beaucoup aimé. Contrairement aux apparences, ce n’est pas un film sur la mort et l’au-delà, il faut aller + en profondeur pour comprendre et tenter d’assimiler ce qui y est évoqué.

Synopsis : Chris et Annie forment un couple très étroitement lié et heureux, mais la mort de leurs enfants va les séparer progressivement car Chris « met un mouchoir » sur sa douleur tandis qu’Annie, qui s’éloigne de lui se mure dans l’isolement, le silence et la dépression. Quand vient la mort de Chris dans un accident, Annie finit elle-même par choisir cette fin. C’est alors que le film commence…

Malgré cette description tragique, le film vaut clairement d’être vu. C’est tout d’abord un choc visuel mais en dépit de ces apparences funestes, c’est une œuvre paradoxalement conçue à mon sens pour évoquer la vie, l’au-delà dans la conception de son auteur se veut pour moi comme une parabole pour tenter de parler de la façon dont nous gérons notre souffrance morale et ce qui nous lie ou plutôt nous relie aux autres ainsi qu’à nous-mêmes. Deux tendances fondamentales de l’humain y sont représentées : le déni ou le refoulement et le fait d’être submergé par la souffrance et au final dans les 2 cas de ne pas pouvoir y faire face.

Chris « par aisance personnelle » préfère ne pas voir sa souffrance d’avoir perdu ses enfants et donc survit à ce deuil. Quant à sa femme Annie, elle entre dans les ténèbres de l’accablement et de la dépression. Ils finissent par se perdre l’un l’autre dans ce schéma et frôlent même le divorce mais le courage de Chris de regarder à un moment les choses en face finit par sauver leur couple.

Lorsque Chris meure, il se retrouve dans « son » paradis mais sa femme qu’il aime + que tout finit par se suicider et se retrouve dans « son » enfer. Poussé par son Amour, Chris tente tout de même de la retrouver mais c’est lui qu’il finit par trouver…

+ il essaye de s’en rapprocher, + il souffre et c’est de même envers ses enfants qu’il ne voit pas au début, cachés qu’ils sont derrière les apparences qu’il se met.

A mon sens, il faut voir le film avant de tenter de le décrire car à de nombreux moments, Chris a à faire face à un petit panorama de sa vie à travers les évènements qu’il a pu vivre dans son existence. C’est donc difficile à transmettre par écrit vous l’aurez compris. Néanmoins, comme je l’ai dit, le sujet ce n’est pas l’au-delà, si j’ai aimé ce film ce n’est pas pour ça…

C’est parce qu’il évoque à travers le personnage de Chris, toute notre incapacité à regarder ce qui est présent en nous et qui nous éloigne ou au contraire nous rapproche les uns des autres. Ses prises de conscience, ce Re-souvenir progressif, c’est ça le sujet qui est traité. Comment nos perceptions intérieures ont une incidence sur les êtres que nous aimons.

Je crois que la qualité de nos relations dépendent avant tout de notre conscience ou non de ce que nous avons en nous-mêmes. La vie se charge bien souvent de nous amener des épreuves, c’est notre façon d’y faire face qui fait en réalité de nous ce que nous sommes. Ou nous acceptons les choses et la vie telle qu’elle est ou nous refusons de voir et nous nous enfermons ainsi dans une forme de routine morne et en fait, toujours dans le même déterminisme de vie.

Si nous refusons de regarder et plutôt d’ailleurs d’assumer la part d’ombre que nous avons immanquablement avec nous en permanence, nous nous éloignons des autres de manière très subtiles comme le montre le film.

C’est en faisant ce retour à soi par la prise de conscience dans ce seul à seul face à soi que paradoxalement nous retrouvons notre plénitude d’avec autrui. Le monde est le reflet de ce qu’on y apporte en émotions, pensées, représentations. C’est je crois le sens de ce film que de montrer cette réalité. + nous remontons à la source de nous, ce qui demande du courage + nous retrouvons les autres en amour.

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