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On voit de temps en temps dans certains films des personnes tomber dans des sables mouvants et ne pouvant plus s’en sortir par eux-mêmes, + ils luttent pour s’en défaire, + ils sont aspirés dedans. A contrario, quand ils cessent de lutter, il se présente quelqu’un ou quelque chose pour leur venir en aide. Je crois que c’est comme ça aussi dans la vie de l’esprit.

Je m’explique : + nous luttons contre toute forme d’obstacle, + nous échouons et nous pouvons devenir facilement aigri voire amer face à cette situation. Bien souvent, il est nécessaire de faire des efforts, de s’accrocher dans la vie, comme par exemple dans notre travail mais même là, nous devons être attentif pour ne pas tomber dans une forme de burn-out. L’image des sables mouvants est intéressante, elle montre que quand on est pris dans les obstacles que la vie se charge de nous mettre en limite à notre liberté, la seule manière de continuer à aller de l’avant malgré tout est de lâcher-prise.

On voit bien que + on lutte, + on s’épuise, et on finit par perdre. Alors qu’à partir du moment où on accepte le fait d’être dans une difficulté, que l’on fait un retour sur soi au sens de savoir opérer ce lâcher-prise, on est + en mesure d’agir correctement face à des situations délicates ou douloureuses.

Le fait même de lâcher prise induit immédiatement une angoisse majeure et une douleur, c’est le "prix à payer" si on peut dire. C’est en fait s’abandonner soi-même pour ensuite être capable de se recentrer afin de faire face à la situation mais par d’autres voies que celles que nous aurions employées habituellement. Derrière l’image des sables mouvants que j’emploie ici à dessein se cache en réalité une grande vérité qui mérite d’être approfondie.

La plupart du temps, nous ne comptons que sur nos propres forces pour nous en sortir, sur nos habiletés particulière et en fin de compte sur notre propre volonté. Or, on voit bien dans l’image que j’emploie ici que cette façon de voir peut s’avérer désastreuse dans nos vies car nul être humain sur Terre n’est suffisamment fort pour cela. C’est notre nature humaine qui est limitée, c’est ainsi qui que nous soyons. C’est simplement notre orgueil qui nous fait croire l’inverse mais c’est une vaine illusion. Par ailleurs, ce n’est pas non plus une question de caractère, c’est la nature même des obstacles auxquels nous sommes confrontés qui rend cela impossible à surmonter pour nous.

Ce n’est seulement qu’en lâchant prise dans nos vies que nous pouvons réussir à surmonter tout mal. Cela suppose un état d’esprit qui est suffisamment capable d’avoir l’humilité nécessaire pour constater que l’on ne peut pas s’en sortir seul, par soi-même et ses propres forces que l’espoir renait malgré les apparences qui nous feraient croire le contraire. Ce n’est que le début d’autre chose en réalité. Les philosophies orientales (entre autres) enseignent justement ce lâcher-prise qui nous confronte en fin de compte à ce que nous sommes intérieurement que peut faire naitre de nouveau la confiance.

C’est se laisser porter par la foi en la vie, sa sagesse propre et pas seulement par nos petites conceptions étroites faites pour nous éviter l’angoisse et la souffrance apparente. L’abandon de soi que ce lâcher prise sur les choses induit nous amène inévitablement à regarder en face nos parts d’ombres et de lumières personnelles c’est évident. Ce n’est qu’en sachant mourir à soi comme disait les antiques que l’on peut s’éveiller pleinement à la vie, retrouver la confiance EN nous réelle qui nous manque ainsi que l’amour de soi et le sens du bonheur.

Les concepts de mort et renaissance sont intéressants eux aussi pris dans cette optique, on meurt à soi pour renaitre à la vie. C’est aussi le sens du baptême et surtout de la passion du Christ chez les chrétiens selon moi, mort à lui-même et à notre nature pour ressusciter glorieux, c’est à dire dans la vie incorruptible que Dieu promet. C’est d’ailleurs Jésus lui-même qui dit : " que celui qui veut être mon disciple, qu’il se renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et me suive" pour la vie éternelle que Dieu donne peut-on ajouter. Les bouddhistes disent eux aussi cela mais d’une autre façon que c’est en abandonnant les ténèbres d’ignorance de l’Ego que l’on peut ensuite être éveillé tel le Bouddha.

On voit dans ces traditions spirituelles pourtant différentes, la même vérité, c’est à dire qu’il faut savoir s’abandonner soi, lâcher prise sur notre volonté propre de nous en sortir par nous même qui est illusoire et nous pourrons vivre réellement sans entrave, c’est à dire authentiquement libre, pleinement conscient et donc HEUREUX car en accord avec notre nature personnelle profonde.

Faisons l’effort du non-effort et de l’abandon de soi et nous retrouverons bien davantage que ce que nous perdons.

NB : le non-effort ne signifie pas de ne plus rien faire comme par exemple tout abandonner, c’est à comprendre comme une forme de renoncement et non pas non plus comme de la fainéantise. S’abandonner ne signifie PAS se résigner à l’impuissance c’est en fait tout le contraire… c’est de la foi en la nature même de la vie.

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