La psychologue qui me suit me disait une fois que j’ai une très grande endurance vis à vis de la souffrance morale. Ce n’était pas un compliment mais bien davantage un constat dans sa pensée, ainsi qu’une sorte d’avertissement étonnamment . Au fond, je crois qu’elle a tout à fait raison. Quand je regarde ma vie en l’examinant avec attention, je remarque en effet que ce qui est une qualité réelle s’est avérée en fin de compte comme une sorte d’obstacle pour une vie + épanouie.

Je m’explique : Bien souvent, j’ai pris sur moi bien des offenses que je n’aurais jamais dû laisser passer, ma grande empathie vis à vis des autres m’empêche souvent de les laisser à la responsabilité de leurs actions, c’est à dire à leurs conséquences. Au lieu de me détourner, je me fais bouclier et donc j’ai été amené à accumuler bien des contrariétés inutiles dans le seul souhait d’éviter à autrui une part de leurs souffrances que je savais par ailleurs inévitable pour eux. Ma trop grande patience, mon endurance enfin bref tout ce que les autres croient être des qualités m’ont en réalité desservi, j’en ai acquis la conviction.

Exemple : J’ai une ancienne amie qui a 58 ans et qui est très dépressive (elle a un trouble bipolaire), ne prend pas bien son traitement, ne fais pas de travail sur elle – qui est pourtant fondamentalement nécessaire quand on présente ce genre de problèmes de santé – qui passe le + clair de son temps à me parler pour se plaindre et qui enfin a un comportement “pour le moins étrange” on va dire… Elle ne fait donc rien pour arranger les choses dans sa propre vie et m’assaille de son mal-être très régulièrement et cela depuis des années… J’ai tenu bon jusqu’à présent mais là aujourd’hui, j’avoue que je renonce à faire quoique ce soit pour elle. Ce sera donc COURAGE, FUYONS.

Je crois que l’on a tous un travail sur soi à faire pour pouvoir effectivement connaitre ou plutôt, reconnaitre le bonheur en cette vie. Ce dernier a tendance à se dérober dès qu’on l’approche bien souvent. On est heureux et on l’ignore, mais quand on est malheureux, on le SAIT très bien par contre du coup être heureux en conscience relève quasiment de l’ordre de la quête initiatique. Il faut ainsi savoir que le but et le rôle de toutes les traditions philosophiques et spirituelles sont cette quête du bonheur et l’envie de ne plus souffrir. Voici leurs origines réelles et non pas fantasmées, le simple souhait qu’à l’être humain de comprendre et d’accomplir pour lui-même cette simple réalité : être pleinement heureux.

Je pense que si j’agis de cette façon, c’est afin qui sait de m’éviter de la culpabilité mais comme je disais ici-même récemment, pour se libérer de la souffrance morale, il suffit bien souvent d’accepter de la ressentir. Eh bien, je vais donc poursuivre ma mise en pratique, je vais donc lâcher prise sur ce que je ressens y compris sur cette culpabilité originelle qui fait que mes points forts deviennent paradoxalement mes points faibles.

Il ne s’agit pas dans mon esprit de devenir un salop insensible car c’est en réalité tout le contraire, je suis croyant, je suis plutôt tenté de dire que j’ai la foi. En ce sens, je dois rendre à Dieu ce qui est à Dieu. Et dans mon cas, ça veut dire, accepter de ressentir cette culpabilité très présente chez moi, celle de laisser autrui face à leurs propres “démons”, à leurs “nuits”, à leurs souffrances sans rien tenter de faire pour les en délivrer. Juste avoir suffisamment foi en la vie pour opérer ce lâcher-prise afin justement de leur permettre d’eux-mêmes de réaliser ce qui leur manque et pour moi de me laisser aller à respirer un peu et de trouver davantage de paix.

Ainsi doit-il en être.

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