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J’avance beaucoup depuis quelques temps. Là j’en suis à un point décisif -qui sait- d’évolution de mes problèmes de santé. J’ai, dans ma pratique quotidienne de la méditation, re-découvert les bienfaits de ce que je pourrais appeler le retour au corps.

J’ai toujours eu un cheminement spirituel depuis que je suis adolescent mais je ne pensais certes pas que cela me permettrait d’avancer à ce point face à une maladie absolument affreuse à gérer au quotidien apportant un lot de souffrances quasi-inimaginables pour la plupart des gens. Et pourtant,…

Il y a quelques années ici-même sur ce blog, j’écrivais un article s’intitulant : “la philosophie m’a sauvé” ; Aujourd’hui, à la vue de mes progrès sensibles dans mon quotidien, je ne peux qu’à nouveau confirmer ce que j’avançais à l’époque. Bouddha disait que ce qui trouble l’homme, ce ne sont pas les choses, mais l’opinion qu’ils en ont. C’est une profonde vérité dont j’ai pu, au cours de mon expérience personnelle, vérifier toute l’importance. Il n’y a pas dans le bouddhisme de haine du corps comme dans la tradition catholique par exemple.

Ainsi, Bouddha, au cours de sa propre vie illustrée dans le film “Little Buddha”, était dans un premier temps dans ce qui est appelé “le plaisir des sens”. Après avoir constaté que cette approche ne permettait pas de s’abstraire de la souffrance, il est parti dans une ascèse d’environ 6 ans dans laquelle seul l’esprit comptait sans tenir compte de son corps.

Après avoir aussi vu l’échec de cette approche comme il est montré dans ce film, avec le fameux passage où le maitre de musique dit à son disciple au sujet de son instrument : “si tu tends trop la corde, elle se casse, si tu ne la tends pas assez, elle ne sonne pas”… C’est là que Bouddha réalisa que le Bonheur réel si j’ose dire réside dans une approche qui nie et réconcilie en même temps les dimensions corporelles et spirituelles de la nature humaine : sa fameuse voie médiane.

Souvent dans la vie de l’esprit, on pense que c’est en reniant le corps que l’on parvient à une forme de sagesse ou de sainteté comme dirait un chrétien. Cela vaut particulièrement quand on souffre de ce genre de maladie de l’esprit… En effet, ce que l’on pourrait appeler la dimension mystique ou plutôt délirante en réalité, nous coupe de fait de ce que nous sommes. C’est à dire d’un réel communément partageable, donc par incidence de notre sensorialité qui est notre capacité à ressentir les choses émotionnellement de pouvoir les cerner correctement par la raison.

Actuellement, dans nos sociétés occidentales, nous sommes dans le culte du corps et donc dans un matérialisme prégnant et j’ajouterai, féroce. C’est un extrême qui ne va pas sans conséquence sur le plan sociétal, car tout se désagrège rapidement avec la perte des valeurs que cette “néo-culture” du vide entraine. Le matérialisme, et vous l’aurez compris dans ma pensée, le spiritualisme venant en réaction sont des non-sens historique : le culte du corps (matérialisme) et son rejet (spiritualisme, le retour du religieux moral et politique ndlr), sont des impasses.

Dans une approche individuelle et donc forcément personnelle, j’ai pu voir les obstacles de vie qu’elles apportent. Etre pris dans le matérialisme entraine une forme d’esclavage des passions et donc en fin de compte à l’insatisfaction et au malheur. A l’inverse, être éperdument dans la spiritualité peut rendre tout aussi malheureux car nous ne sommes PAS de purs esprits, ainsi il est dit dans la Bible que l’homme est fait de l’argile de la terre et est donc à la fois corps ET esprit. D’ailleurs, on constate que bon nombre des maladies physiques en médecine sont liées à l’impact du psychisme y  compris certaines pathologies lourdes. Il n’y a donc pas une âme à dissocier du corps comme le pensait Descartes en les opposant si radicalement.

Ce n’est que lorsque l’on réconcilie ces deux approches, en créant du lien en soi-même y compris avec son corps, que l’on REALISE la plénitude de son propre potentiel d’Etre humain. Je dois dire que le retour au corps à travers la méditation me permet de lâcher-prise avec une toute autre ampleur et donc de reprendre le chemin de la santé, de la confiance en soi et du bien vivre.

Le bouddhisme est avant tout pour moi une philosophie de vie qui chaque jour, me permet de faire des progrès au niveau de ma santé. Je ne me mets pas d’étiquette de bouddhiste pour autant étant par nature indépendant dans mes convictions personnelles mais je dois dire que cette tradition spirituelle apporte beaucoup…

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