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Je pensais intituler cette note hiérarchie des valeurs, mon propos étant de montrer qu’il y a des choses dans la vie qui sont + importantes que d’autres. Ce qui peut paraitre du bon sens pour la plupart des gens mais qui – en pratique – est bien moins simple à comprendre et encore bien davantage à percevoir…

La vie est ainsi supérieure à la santé qui est elle-même supérieure au travail.

La morale commune voudrait que chacun soit dans un moule rigoureusement identique les uns par rapport aux autres. Eh bien, NON. Pour moi, en effet, il y a des différences de tailles entre ne serait-ce que 2 individus. En ce qui me concerne, je n’ai pas la santé : vous le savez si vous lisez ce blog, ce n’est pas un hasard si j’y écris. Le fait que je n’ai pas la santé entraine DONC l’impossibilité de travailler, et ce, après bien des ruminations pour accepter ce fait (ça m’a demandé au moins 5 ans pour le reconnaitre). Qu’on arrête de me dire que les assistés sont nécessairement des fainéants, tout ce blabla pseudo-moralo-politique qui blesse les gens pour qui, la vie n’est de fait pas simple…

J’ai envie de dire : on se rapproche, au moment où j’écris ces lignes, près de 6 millions de chômeurs, qu’on viennent pas me dire que ce sont des fraudeurs et que ce sont tous des tires aux flancs… A un moment, il faudrait s’interroger sur le socle des valeurs de nos sociétés occidentales ou comme j’aime dire plutôt le SENS de celles-ci. La morale judéo-chrétienne a toujours mis en avant le travail, c’est une évidence mais JAMAIS comme une fin en soi. Quand on interroge les Ecritures dont sont issues ces dites valeurs, on s’aperçoit vite que, ce qui est central dans la bible, c’est l’amour de soi ET des autres.

Dans les 10 commandements qui est le fondement absolu de la morale biblique dont est issu quoiqu’on en dise notre civilisation occidentale, Dieu n’a PAS dit : TU TRAVAILLERAS comme fin ultime de sa révélation et donc de la condition humaine. Y est au contraire traité de 2 choses :

  1. TU AIMERAS LE SEIGNEURS TON DIEU, dans les 3 premiers commandements.
  2. TU AIMERAS TON PROCHAIN COMME TOI-MÊME dans les 7 derniers (Avoir ainsi de l’estime pour soi et pour autrui comme base et fondement éthique essentiel de tout.

Le cœur du message biblique et donc j’ai envie de dire chrétien est de dire tout simplement : AIMEZ-VOUS. C’est le message le + simple qui soit et –au fond- le + difficile à accueillir. C’est facile de parler de religion et même de la pratiquer d’un point de vue uniquement cultuel et identitaire, tellement facile… mais ACTUALISER ET REALISER ce message de base DANS l’amour effectif de soi et des autres est infiniment + difficile.

Pourquoi cette digression sur la religion ?

Tout simplement pour montrer que le regard Divin n’est pas un regard Humain et qu’en conséquence, tout le substrat idéologique des religions intériorisés par notre civilisation occidentale concernant le travail comme fondement de l’identité personnelle et donc d’une CERTAINE vision de la vie est incomplète voire mensongère concernant le message initial. Nous payons, je le crois profondément une façon par trop anglo-saxonne de considérer la vie. Par exemple pour les protestants, on est élu de Dieu quand on réussit dans la vie.

Cependant, réussir Sa vie et réussir Dans la vie n’est pas une seule et même chose…

Et, actuellement, nous le payons par notre crise économique qui est en fait une crise morale et donc de la valeur et de la place de l’argent dans nos vies. Ou pour être exact, d’un certain rapport à l’argent davantage que de l’argent seul.

Le confort matériel est une base mais pas une fin ultime pour être heureux.

En réalité, on peut très bien être heureux sans posséder grand chose hormis bien-sûr ce qui est nécessaire à la vie et j’y ajoute un peu de superflus inutiles pour se faire plaisir de temps en temps.

En dehors de cela, le Bonheur est un ETAT qui vient de l’INTERIEUR par l’approche d’une forme très particulière de savoir : la connaissance de soi où dit de manière + poétique : la mécanique du cœur.

Oui on peut très bien n’être rien socialement ou professionnellement ET être BIEN quand même. BIEN au sens d’être quelqu’un de respectable et bien au sens d’être heureux.

Actuellement, ON NOUS VEND DU BONHEUR… et les gens n’ont jamais été si malheureux car comme je l’ai déjà dit sur ce blog, nous n’avons PAS appris à penser ce Bonheur dont quelqu’un comme Voltaire disait que c’était pourtant la grande affaire de l’homme.

Avec les religions, ce dernier pensait que le bonheur était après la vie et acceptaient toutes les privations au nom de cette promesse. Avec les illusions politiques du 20ème, on lui a fait croire que le bonheur étaient en cette vie quitte à écraser son voisin pour le réaliser. C’est d’ailleurs tout l’enjeu du débat dont Sartre parlait : l’essentialisme contre son existentialisme (la prédestination et le bonheur/malheur après la mort OU le libre arbitre et le bonheur en cette vie avec la corolaire d’un matérialisme quasi-absolu).

J’ai ici envie de dire que les 2 approches sont justes MAIS totalement incomplètes prises l’une contre l’autre. Le Bonheur est ainsi MEDIAN comme dirait Bouddha ou Aristote.

Et ce bonheur après chacun court, la vérité est que tous le possède, à la seule condition de tourner le regard vers l’intérieur. Ni matérialisme, ni spiritualisme, n’en est la condition de base. c’est juste et simplement chacun face à sa conscience. C’est le but de la REELLE spiritualité que de donner les outils de ce soi à soi si difficile à réaliser pour chacun, pour que l’homme trouve ENFIN cette paix et ce bonheur auquel il aspire de toute éternité.

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