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Rembrandt, philosophe en méditation.

 

 

 

 

Philosopher, c’est apprendre à mourir », dit Platon, dans le Phédon.

Cette assertion a été reprise par Montaigne plusieurs siècles + tard dans les “Essais”. Je crois qu’il faut d’emblée écarter l’aspect macabre de cette citation pour juste en reprendre son Sens réel c’est à dire ici sa portée : nous apprendre à vivre en paix avec cette conscience de notre propre finitude. Loin d’être une source d’angoisse supplémentaire, elle est –pour moi- une invitation à vivre une vie vraie et digne d’être vécue car ayant un Sens.

Il ne s’agit pas de dire que la vie a en elle-même un sens ou qu’elle en est dépourvue (c’est édulcorer le problème) mais de manière + sensible et forcément personnelle : Quel est le sens de Ma vie ?

Pourquoi la question mérite-t’elle d’être posée ? Tout simplement, afin comme je le signifie ici en prélude parce que la question du sens de sa propre vie donne pour la personne une utilité vraie ainsi que le sens réel des valeurs. Je reformule + simplement : que se passerait-t’il dans votre vie si vous deviez mourir demain ?

Il y aurait surement bien des choses que vous aimeriez faire, que vous ne feriez pas d’habitude. Des choses que vous trouveriez essentielles à faire pour vous, vos proches, amis, revoir vos manières de penser… Nos sociétés – et c’est Bien – ont fait reculer dans nos vies le spectre de la mort physique en raison d’un grand savoir médical. De ce fait, nous sommes rarement en prise avec ce genre de questionnement, qui est pourtant essentiel et fondateur pour vivre pleinement sa vie en accord avec ce que nous sommes en tant qu’être humain. D’ailleurs, le simple fait d’être mortel renvoie aussi au caractère précieux mais donc forcément fragile de notre humanité personnelle.

Cela interroge –par ricochet – toute une série de valeurs que pourtant, n’ayant pas dans nos sociétés ces interrogations précieuses, nous ne savons plus les penser correctement. Qu’est ce qui est important pour moi réellement ? Qu’est ce qui va me rendre vraiment heureux ? Qu’est ce que je dois faire ou ne pas faire ?

La conscience de notre mortalité soulève donc bien des questions qu’il faut résoudre par soi-même et pour soi-même afin d’être en paix et vraiment l’être. Ne dites pas que vous n’avez pas de temps, que vous êtes pris dans vos soucis, au boulot, avec votre conjoint,… Ces questions vous regardent puisque vous mourrez comme moi-même d’ailleurs. C’est un fait. On ne triche pas avec ça, Impossible par nature. On ne peut pas se mentir à soi-même en se disant : mais j’ai le temps, ou, je m’en fous, Non. La question sera donc : Qu’en ferez vous ? Qu’allez vous en retirer ? Allez-vous commencer à vivre ?

En fait, philosopher, c’est apprendre à mourir… NON ! C’est apprendre à vivre vraiment, réellement, authentiquement, sainement, consciemment. Quand on dépasse l’angoisse que soulève cette question primordiale de sa propre fin, qu’on voit se déployer ces questions interminables qui en résultent et cet inconfort qui ne laisse plus en paix dans nos petites certitudes habituelles, c’est précisément là que débute le véritable cheminement personnel, car c’est chacun de nous qui mourra.

Ce sont des choses profondément personnelles liées à chaque individu donc forcément unique puisque les identités qu’on nous met sans arrêt sur les épaules n’existent pas. En effet, ce n’est pas un chrétien, un bouddhiste, une personne de gauche, de droite, etc,.. A la fois tout cela et rien de cela, en fait juste moi, chacun d’entre nous.

Ce questionnement est par nature universel, la mort l’est de facto. Universel certes mais donc aussi et forcément personnel.

Comme disait Sœur Emmanuelle : dépêche toi de vivre

J’ajoute : De bien vivre.

N’attendez pas d’autrui qu’il vous le dise à votre place car Nul ne peut répondre à ces questions si ce n’est vous-mêmes. C’est là, la difficulté de la tâche d’ailleurs : c’est à vous de vous prendre en main, d’avoir cette sympathie pour vous. Et ce n’est pas un mal de penser par soi-même il me semble… Ce qui est le + magnifique si j’ose dire, c’est que les réponses, nous les avons déjà, le véritable voyage commence dès qu’on comprend que c’est en nous. Car, cette compréhension des choses dépend de nous. Toute vérité à laquelle nous croyons dépend avant tout de notre propre point de vue sur celles-ci.

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