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Photo illustration by Mindy RickettsCela fait + d’un mois maintenant que je n’ai pas publié sur ce blog et plus longtemps encore que je n’ai pas clairement parlé de mes problèmes de santé. Il y a pourtant des choses à dire… en forme de mise au point en réalité.

Je suis très attaché à la notion et à la valeur du travail. Néanmoins, je crois que notre civilisation occidentale et encore davantage HELAS de nos jours, on n’est plus reconnu dans notre société QUE par la fonction qu’on exerce (c’est débile mais c’est un réalité). Que dire alors quand on ne travaille pas du fait d’une incapacité liée à une maladie qui ne se voit pas d’emblée ? Quand je vais au coiffeur ou quand j’aborde quelqu’un, se pose presque immédiatement la question : Que fais-tu ? Sous-entendu : Quel travail as-tu ?

Et là de répondre : je ne travaille pas, j’ai des problèmes de dépression. Je ne dis pas que j’ai un diagnostic comme celui d’un trouble psychotique, l’esprit des gens lambda est déjà suffisamment étroit sur ces questions sans pour autant que j’en rajoute moi-même… Et de là nait une incompréhension immédiate avec mon interlocuteur éventuel qui est –en absolu- égal à moi (simple être humain), ainsi qu’un malaise chez moi et chez l’autre car mes problèmes psy ne sautent pas aux yeux.

La plupart des gens ne me connaissant PAS ne savent pas, ne connaissent PAS mon parcours personnel et donc ne peuvent réellement être juge honnête de Qui je suis. Notre société exclue de + en + de nos jours, c’est un fait et pas un vague ressenti de ma part, et surtout dès que l’on présente une singularité personnelle à + forte raison quand on a un handicap psychique. Dès lors qu’on ne correspond pas à l’archétype du français moyen, on n’existe pas en tant que personne.

Il y a quelques décennies, les différences étaient, je vous le dis, bien mieux tolérées qu’actuellement. On s’occupait du pauvre, du malade, du chômeur, on leur montrait un minimum de considération, ce qui allait jusqu’au devoir religieux, c’est vous dire… De nos jours, c’est devenu comme aux USA : marche ou crève… Et la culture de l’argent roi déshumanise la société.  Et c’est de pire en pire… Et, on n’existe encore moins dans le regard d’autrui quand a une problématique de santé psychique pourtant prégnante.

Non j’oubliais : il faut travailler pour exister.

Pas de place pour les maladies invisibles et leurs porteurs. D’où la situation d’exclusion de fait des malades psys au sein de nos sociétés, de là vient leur isolement qui aggrave encore davantage leur mal-être allant jusqu’à l’extrémité absurde qui veut que la personne qui souffre de ce type d’affection psychique s’estime elle-même presque en devoir de travailler pour être simplement reconnue dans sa valeur au mépris de sa propre santé qui est pourtant le bien précieux dont dépend tout le reste. Et, perversité absolue du système : on vous donne des médicaments et on vous soigne comme si le problème venait de vous et pas de la situation dans laquelle vous met la société.

Or, celle-ci, à travers les différents types d’aides sociales existantes se révèle être une solidarité de droit mais JAMAIS une solidarité de fait.

Je m’explique :

L’AAH ne permet pas de vivre en couple, ne permet pas dans les FAITS de pouvoir réellement exercer une activité professionnelle même à temps partiel sur la durée quoiqu’on en dise :

C’est à dire sans induire une insécurité juridique réelle de perte de ces aides sociales ou à une menace de non–renouvellement de Droits à échéance, ce qui revient au même. Ce dispositif social ne relève PAS d’une politique de COMPENSATION du handicap mais, simplement si j’ose dire d’un reste à vivre pour personne en incapacité relevant de la solidarité nationale au même type que le RSA.

Or, les allocataires du RSA ont une employabilité (capacité à s’insérer dans un travail), bien supérieure aux allocataires de l’AAH ou d’une pension d’invalidité, et ce quel que soit le niveau d’études et en + peuvent, comme on dit en Droit espérer un retour à meilleure fortune ce qui n’est pas le cas dans la situation d’une maladie chronique comme le sont les affections psychiques.

Ce que je dis là est certes schématique tant la diversité des problématiques sociales et sanitaires des allocataires du RSA rend la réalité encore + complexe.

NEANMOINS ce que je dis reste valable en règle générale car dans les faits : l’AAH est supprimée si on vit en couple car est dépendante du niveau de ressources du conjoint avec un plafond de revenus ridiculement bas qui poussent soit à vivre en couple avec presque rien pour 2 et surtout à dépendre du bon vouloir du conjoint pour tout (logement,…). C’est bien une impossibilité administrative à la vie à 2 avec une personne présentant un handicap qu’il s’agit.

Après, à chaque fois qu’un politicard parle de fainéants concernant les personnes qui ne travaillent pas, ça m’attriste et ça m’énerve car s’ils étaient amenés eux-mêmes à ne pas pouvoir vivre en couple ou alors avec une autre personne présentant un handicap reconnu, à ne pas pouvoir effectivement s’insérer professionnellement du fait du risque de ne perdre le bénéfice d’une aide sociale pourtant vitale que reste malgré tout l’AAH, et en + être stigmatisé par le français moyen, je vous jure, il faut vraiment être de bonne composition pour accepter tout ce rejet et cette bêtise…

Pour une société qui intègre la différence au lieu de cultiver l’indifférence…

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